Dans un rapport intitulé Financement du Développement dans le Monde et rendu public le 29 mai dernier, la Banque Mondiale sinquiète des éventuelles conséquences de la hausse des prix des céréales sur la sécurité alimentaire des pays en développement (PED).
Cette hausse des prix découle principalement de la conjonction de deux facteurs :
- Une forte diminution des stocks de blé et de riz qui sont, pour la première fois depuis 25 ans, passés sous le seuil critique fixé par la FAO correspondant à 17 % de la consommation mondiale. Cette baisse trouve son origine dans la conjonction de facteurs exogènes (sécheresses en Australie et en Ukraine) et endogènes (politique de réduction des stocks en Chine et dans la plupart des pays du monde) ; - Lexplosion de la demande de produits agricoles à des fins énergétiques. Ainsi, les Etats-Unis premier producteur et exportateur mondial de maïs devraient consacrer 25 % de leur récolte à la production déthanol en 2007. En dépit dune augmentation de 15 % des surfaces dédiées à cette culture, les prix ont augmenté de 75 % depuis lété 2006.
Mais cette hausse ayant gagné, par un effet de substitution et de contagion, les autres céréales, la Banque Mondiale redoute une hausse générale bien supérieure, approchant cette fois les 40 %. Les conséquences seraient alors dramatiques pour les populations des PED : au Kenya par exemple, le maïs fournit en moyenne 36 % de lapport calorique des ménages et jusquà 58 % pour les ménages les plus pauvres.
Au-delà des céréales, la hausse des prix touche un éventail de produits agricoles beaucoup plus large : selon la FAO, lindice des prix de la viande a progressé de 7,6 % entre mars 2006 et mars 2007 ; et celui relatif aux produits laitiers a augmenté de 46 % depuis novembre 2006, tiré par la progression de la consommation chinoise, la sécheresse en Australie, la suspension des exportations de lait en poudre par lInde et les taxes à lexportation imposées en Argentine.
Les PED devraient donc subir une majoration de 9 % de leurs dépenses globales dimportations alimentaires en 2007, voire davantage encore pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier. Depuis 2000, la FAO évalue laugmentation moyenne du « panier dimportations alimentaires » des pays les moins avancés à près de 90 % !
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