A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
Focus on issues

Document n°1 de politique chinoise : l’Agriculture se maintient au rang de priorité stratégique



La rédaction de Momagri

27 Février 2017

Le Comité Central du Parti Communiste de Chine a rendu public le 5 février dernier sa feuille de route concernant sa politique agricole pour l’année 2017. Pour la 14e année consécutive, le premier document politique de l’année, porte sur l’agriculture. Sorte de liste à la Prévert d’objectifs, aucun des aspects du secteur agricole et rural n’est oublié.

Ce document, traduit en anglais par les ambassades des Etats-Unis et du Canada à Pékin
1, affiche les objectifs de Pékin en matière agricole, objectifs pour la plupart déjà énoncés dans le cadre du 13e plan quinquennal 2016-2020 pour la transformation vers une « agriculture plus verte et plus moderne », à savoir l’amélioration du revenu des agriculteurs, la prise en compte des enjeux environnementaux et de la gestion des ressources et des espaces ruraux (réduction des intrants chimiques, préservation des terres, etc.), ou encore le développement de l’innovation et de systèmes agricoles durables et de qualité.

Compte tenu des récentes plaintes déposées par les Etats-Unis à l’encontre de la Chine et de sa politique agricole
2, ce document était particulièrement attendu pour savoir si Pékin souhaitait manifester une inflexion quant à sa doctrine agricole. Il n’en est rien ! Les ajustements apportés au soutien au maïs sont salués et devraient permettre une meilleure gestion des stocks alimentaires. Pour l’année à venir, le document n°1 n’appelle aucune modification significative quant au mécanisme de prix garanti pour le blé et le riz. Cela semble en effet se confirmer puisque la Commission Nationale pour le Développement et la Réforme (CNDR) a annoncé le 17 février 2017 un prix garanti du riz (moyenne et tardive) à 2720 CNY/t (soit environ 393 USD) pour 2017 soit une légère baisse de 1,4% par rapport à 20163.

Au-delà du statu quo affiché, le comité Central du Parti Communiste chinois va même plus loin en énonçant clairement son positionnement vis-à-vis des échanges internationaux. D’un côté, il est dit : « Nous devons utiliser le marché international de manière coordonnée, optimiser l’offre domestique de produits agricoles et améliorer le marché de l’importation sur la base d’une concurrence loyale ». De l’autre, « nous devons améliorer les lois et régulations contre les stratégies de dumping, de subventions cachées ».

Dans ce document, pourtant centré sur l’agriculture et le monde rural, il est également fait référence à l’initiative stratégique «One Belt, One Road» (OBOR)
4, considéré comme l’un des projets chinois les plus ambitieux visant à connecter la Chine au reste du monde. Cette nouvelle route de la Soie initiée en 2013 dispose de moyens colossaux et repose sur des investissements extérieurs massifs. Il s'agit de développer les infrastructures de transport et d'accélérer le développement des échanges des biens et des personnes en vue de redynamiser l’économie du pays, sécuriser l'approvisionnement énergétique et enfin établir un cordon de stabilité régionale. Cette ceinture économique comprend ainsi les voisins directs de la Chine et l’Eurasie dans son ensemble.

Sur les sujets non commerciaux, l’accent est largement mis sur la protection des ressources environnementales. On insistera également sur un point important de ce document et suffisamment remarquable pour être relevé. En termes d’évolution des structures de production, l’agriculture familiale de « taille modérée » est mise en avant, en particulier pour la production laitière. L’action collective des agriculteurs est également encouragée via des coopératives « 3 en 1 » qui intègrent l’approvisionnement, la commercialisation et le crédit.

Ce document confirme, s’il le fallait, que Pékin considère son secteur agricole comme un des éléments clé de sa stratégie de développement durable. Les mesures listées dans le document n°1 relèvent toute d’une volonté d’améliorer le cadre existant et ne peuvent en aucun cas être traduites comme une rupture vers la dérégulation sauvage. A la lecture de ce document, on ne peut qu’arriver à la conclusion que les velléités belliqueuses de Donald Trump vis-à-vis de la politique agricole chinoise n’ont pas vraiment prise sur l’Empire du Milieu, mais, sans paraphraser Confucius mais Talleyrand, tout ce qui est excessif n’est-il pas insignifiant ?


1 https://gain.fas.usda.gov/(...)Publications/China's%202017%20Agricultural%20Policy(...).pdf
2 Lire à ce propos l’article de Momagri
http://www.momagri.org/(...)Les-Etats-Unis-n-avaient-pas-attendu-d-elire-Donald-Trump-pour-s-attaquer-a-la-politique-agricole-chinoise_1812.html

3 Source Conseil international des céréales (IGC)
4 http://www.latribune.fr/(...)/route-soie-et-banque-asiatique-l-europe-doit-s-interesser-aux-projets-chinois(...).html


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Paris, 23 March 2017