A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
A look at the news

The short-term price volatility in agriculture: need for stability for small-scale farmers in developing country members



Submission introduced by the G33 to the Committee on Agriculture

May 29, 2017

What is happening on planet WTO? With the 11th Ministerial Conference to be held in Buenos Aires from 11th to 14th December 2017, WTO members are trying to find consensus on the issue of agriculture, which continues to hamper discussions as points of view differ strongly.

It is in this context that they met on 1st and 2nd June at the agricultural negotiations committee
1 to continue discussions on two key issues: public stockholding for food security purposes and the special safeguard mechanism for developing countries. And it is clear that positions remain divergent. G33 countries, much like India, their flag bearers, continue to diverge and advocate for more flexibility to implement their food security policies.

In a communication
2, the G33 reminded us of the main causes and the perverse effects of extreme price volatility on agriculture in developing countries. Based on both theoretical and empirical arguments, the content is clearly in contrast with the positions frequently defended by the WTO regarding agricultural issues and is in conflict with the free-trade discourse.

“Short-term volatility in commodity prices”, they explain, “remains the rule in agricultural markets that are inherently more volatile than other sectors of the economy because of the effects of natural catastrophes, i.e. climatic conditions, parasites/diseases, the low elasticity of supply and demand in the short-term, and the inability to adjust supply in function of price variations because the harvest takes a long time and depends on the season”.

Citing the well-known reference of the “pork cycle”, the G33 challenges the possibility of the spontaneous adjustment of supply and demand and thus exposes the limits of the liberalization of agricultural markets.

Above all, they do not hesitate in reminding us that some developed countries have “systems for guaranteeing farm incomes” set up to protect their producers from the negative effects of volatility, while “instruments of this kind are generally not available in developing countries because of financial, technical and social constraints”.

In other words, most developed countries have neither the financial nor the administrative means to comply with WTO doctrine that wants aid to be paid directly to farmers without passing through prices.

The G33 is thus clinging to the traditional means of supporting farm incomes, by storing and by protecting borders from international dumping markets. We do not see how it could be otherwise.

Confronted with this, intransigence and even cynicism seems all the more appropriate in that it is convenient to take refuge behind the largely fallacious argument that so-called decoupled aid has no effect on yield and trade. And to think that the Doha Round was meant to be for developing countries...


Momagri Editorial Board




En 2011, les Ministres de l'agriculture des 20 plus grandes économies du monde (G-20) ont indiqué que "[p]our nourrir une population mondiale qui devrait dépasser 9 milliards en 2050, la production agricole devra, selon les estimations, augmenter de 70% d'ici là, et plus spécifiquement de presque 100% dans les pays en développement". Ils ont aussi reconnu que "les petits agriculteurs sont les principales victimes de l'insécurité alimentaire dans les pays en développement et assurent l'essentiel de la production de nombreux pays: augmenter leur production et leur revenu permettrait d'améliorer directement l'accès des plus vulnérables à l'alimentation et d'améliorer l'offre sur les marchés locaux et nationaux"
3.

Alors même que les petits agriculteurs, exploitant 2 hectares ou moins, assurent jusqu'à 80% de la production alimentaire dans certaines régions en développement et représentent 85% de la population mondiale active dans l'agriculture
4, les trois quarts des personnes en situation d'extrême pauvreté dans le monde vivent en milieu rural5.Il est donc essentiel de soutenir la petite agriculture pour maintenir la sécurité alimentaire dans les pays en développement Membres car c'est, d'une part, la source de revenu de la grande majorité des pauvres et, d'autre part, la principale source d'approvisionnement alimentaire.

Étant donné que les ménages ruraux dans les pays en développement sont à la fois producteurs et acheteurs de produits agricoles, la volatilité des prix a pour eux des effets complexes. Les petits agriculteurs dotés de ressources limitées sont confrontés à de sérieuses difficultés en cas d'effondrement ou de flambée des prix.

Alors que les variations modérées et prévisibles des prix suivant des tendances longues et bien établies qui reflètent les fondamentaux du marché ne posent pas de problème, des fluctuations fortes et imprévues sont un facteur d'incertitude pour les producteurs agricoles et amènent à prendre des décisions non optimales en termes de production et d'investissement. En particulier, des baisses de prix soudaines et inattendues créent des difficultés considérables pour les agriculteurs qui risquent de perdre le fruit de leurs investissements, et elles peuvent même conduire à une forte diminution du pouvoir d'achat des petits agriculteurs et des agriculteurs de subsistance qui ont effectué leurs plantations en anticipant un certain prix. Dans les économies en développement, ces agriculteurs, qui ne peuvent pas opérer à grande échelle et qui n'ont pas d'indépendance financière pour reporter leur revenu d'une année sur l'autre, se trouvent dans l'incapacité d'acheter des intrants pour planter de nouveau et continuer à produire. Par conséquent, la volatilité excessive des prix menace la subsistance de ces agriculteurs et la viabilité de la production dans les pays en développement où la production repose principalement sur la petite agriculture de subsistance. C'est pourquoi il est essentiel de maintenir la stabilité des prix agricoles pour assurer une production agricole durable et contribuer au développement rural et à la réduction de la pauvreté dans les pays en développement Membres.

Taille moyenne des exploitations agricoles



La volatilité à court terme des prix des produits agricoles de base reste la règle sur les marchés agricoles qui sont intrinsèquement soumis à une plus grande volatilité que les autres segments de l'économie en raison des effets des chocs naturels, c'est-à-dire des conditions climatiques et des parasites/maladies, de la faible élasticité de la demande et de l'offre à court terme, et de l'incapacité d'ajuster l'offre en fonction des variations de prix car la production prend beaucoup de temps et dépend de la saison. La volatilité des prix internationaux a augmenté de 52% pour le maïs, de 87% pour le riz et de 102% pour le blé à la suite de la crise financière mondiale de 2008, par rapport aux trois décennies précédentes
6. Dans le Rapport de l'OMC sur le commerce mondial de 2014, il est dit que "la volatilité des prix est et devrait rester préoccupante pour les pays importateurs et pour les pays exportateurs".7

Étant donné que l'offre ne peut pas répondre à l'évolution des prix à court terme, la réaction tardive de l'offre aux variations de prix, qui est un phénomène propre aux marchés agricoles, provoque des ajustements cycliques mais engendre en général une surréaction et une plus grande volatilité des prix. C'est le cas en particulier lorsque les producteurs pratiquent des cultures qui ont un rendement élevé dans la saison t, conduisant à l'effondrement des prix en raison de la surproduction dans la saison t+1, ce que l'on appelle souvent le "cycle du porc"
8.

Prix nominaux de certains produits agricoles



La volatilité des prix est particulièrement importante pour les pays en développement Membres quand les importations représentent une large part de la consommation intérieure du produit en question, la volatilité se transmettant du marché international au marché national par le biais des importations. D'après une étude récente, la volatilité des prix sur les marchés internationaux risque davantage de se transmettre aux marchés nationaux lorsque le ratio du volume importé à la production intérieure est supérieur à 40%
9. Il y a cependant plusieurs exceptions à cette règle. Même si le volume du commerce d'un produit est faible certains Membres connaissent une volatilité des prix intérieurs qui est parallèle à la volatilité internationale principalement parce que les commerçants locaux agissent en fonction des marchés et des prix internationaux en raison de la possibilité d'un arbitrage entre les marchés nationaux et internationaux10.

Variations des prix mondiaux moyens à l'importation de certains produits agricoles



Comme la grande majorité des producteurs des pays en développement Membres sont des petits agriculteurs, ils sont très dépendants du revenu saisonnier que leur procure leur récolte. Ils ont donc peu de pouvoir de marché pour influencer les prix et ils sont principalement des preneurs de prix à court terme, ce qui les rend très vulnérables aux variations des prix.

Il est essentiel que les pays en développement Membres protègent les petits agriculteurs dotés de ressources limitées contre la volatilité excessive des prix des produits agricoles afin d'assurer un revenu prévisible aux populations rurales et de réduire la pauvreté rurale, tout en poursuivant les objectifs à long terme en matière de sécurité alimentaire. Un élément de cette stratégie devrait consister à limiter l'effet de la baisse des prix internationaux sur les prix intérieurs.

Certains Membres développés disposent de "systèmes de garantie des revenus agricoles", notamment de mécanismes de couverture des pertes liées aux prix, pour protéger leurs agriculteurs des effets négatifs des variations de prix et pour assurer un niveau de revenu prévisible aux populations rurales. Les instruments de ce genre ne sont généralement pas disponibles dans les pays en développement en raison des contraintes sur le plan financier et technique et sur le plan du développement social.

Dans leur rapport intitulé "Volatilité des prix et sécurité alimentaire", les Experts de haut niveau de la FAO sur la sécurité alimentaire et la nutrition ont souligné la nécessité d'adopter "des mesures de sauvegarde offrant une protection efficace contre les pics d'importations" et d'avoir "la faculté d'augmenter les droits de douane selon des conditions prédéfinies, pouvant inclure des fourchettes de prix pour les produits essentiels", dans le cadre des règles de l'OMC, afin de protéger les petits agriculteurs des effets négatifs de la volatilité des prix
11.

Dans ce contexte, la mise en œuvre d'un mécanisme de sauvegarde spéciale (MSS) efficace et opérationnel est devenue une nécessité urgente pour les pays en développement Membres afin qu'ils puissent faire face efficacement aux effets négatifs de la volatilité à court terme des prix internationaux sur les petits agriculteurs dotés de ressources limitées.


1 https://www.wto.org/french/news_f/news17_f/agng_01jun17_f.htm
2 The entire article is available HERE
3 Déclaration ministérielle, Plan d'action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l'agriculture, réunion des Ministres de l'agriculture du G-20, Paris, 22 et 23 juin 2011, page 2.
4 FAO, La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture 2014: Ouvrir l'agriculture familiale à l'innovation, Rome, 2014.
5 FAO, La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture 2016: Changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire, Rome, 2016.
6 Minot N. "Food Price Volatility in Sub-Saharan Africa: Has It Really Increased?", Food Policy, 2014, 45: 45-56.
7 Minot N. "Food Price Volatility in Sub-Saharan Africa: Has It Really Increased?", Food Policy, 2014, 45: 45-56. 5 Organisation mondiale du commerce (OMC), Rapport sur le commerce mondial 2014: Commerce et développement: Tendances récentes et rôle de l'OMC, Genève, 2014, page 141.
8 H. F. Breimyer, "Emerging Phenomenon: A Cycle in Hogs", Journal of Farm Economics, vol. 41, novembre 1959 et Dennis L. Meadows, Dynamics of Commodity Production Cycles, Wright-Allen Press, 1970.
9 Ceballos F, Hernandez M, Minot N, Robles M, IFPRI Discussion Paper 01472, Grain Price and Volatility Transmission from International to Domestic Markets in Developing Countries, octobre 2015
10 Ibid.
11 FAO HLPE, Volatilité des prix et sécurité alimentaire. Un rapport du groupe d'Experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, Rome, 2011.


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Paris, 18 December 2018