A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
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Report on prices and margins: 2016 accounts increasingly degraded for producers



Arnaud Carpon, Terre-net Magazine


Article published in Terre-net

April 10, 2017

L'observatoire de la formation des prix et des marges a rendu, mardi 11 avril 2017, son rapport 2016 au Parlement. Un rapport faisant état d'une répartition des marges toujours plus inéquitable au sein des filières. Sur 100 € d'achat alimentaire par le consommateur, seulement 6,2 € reviennent au producteur.

Selon le nouveau rapport de l’observatoire de la formation des prix et des marges, présenté par son président Philippe Chalmin, la moyenne des prix à la production agricole, tous produits agricoles confondus, stagne à +0,3 % en 2016 par rapport à 2015, alors qu'ils avaient perdu 2,4 % en moyenne en 2015 et 5,3 % en 2014, Ces chiffres recouvrent toutefois des réalités bien différentes selon les filières, puisque les prix du lait, de la viande bovine, et du blé tendre comme dur ont reculé.

« Il n'y a pas beaucoup de producteurs agricoles qui, aujourd'hui, couvrent la réalité de leurs coûts de production », a également constaté l’économiste.

A l'autre bout de la chaîne, le consommateur final est de moins en moins conscient de cette instabilité, car les prix alimentaires font eux preuve d'une « étonnante stabilité », avec une hausse de 0,7 % en 2016 et de 0,5 % en 2015, a-t-il ajouté.

De plus, « la part agricole du panier alimentaire des ménages ne cesse de diminuer », selon M. Chalmin. Sur 64,7 € de valeur ajoutée induite par 100 € de consommation alimentaire, l’agriculture crée, ou récupère, selon le point de vue que l’on retient, 6,2€ (soit 9,6% de la valeur ajoutée induite totale). Les autres maillons de la chaîne, eux, conservent bien plus : 11,7 € pour les industries alimentaires, 3,2€ pour les autres industries, 13,9 € pour la restauration, le reste vient du commerce interentreprises et de détail (15,4 €) et les services (14,3 €).

Ainsi, le lait a connu une baisse moyenne à la production de 7,3 % sur un an quand l'évolution du prix d'achat moyen pondéré des produits laitiers en GMS (supermarchés et hypermarchés) a progressé de 1 %.

Concernant les produits carnés, les prix à la production des bovins ont baissé de 4 %, en raison de l'augmentation de l'abattage des vaches laitières, tandis que ceux du porc ont progressé de 3 % sous l'effet d'un rebond inattendu de la demande chinoise. En revanche, les prix au détail en GMS sont restés quasiment stables pour le boeuf (+0,2 %) et ont faiblement baissé pour le porc.

Marge négative en blé, très faible en lait

En blé tendre, « la baisse conjointe des rendements et du prix en 2016 dégrade la marge nette des producteurs, qui devient négative, à -52 € par tonne, avant même imputation de la rémunération calculée de l’exploitant », explique le rapport.

« Le coût de production du lait de vache estimé sur base comptable (hors rémunération calculée de l’éleveur) progresse en 2016 et atteint 375 € pour 1 000 litres (contre 370 en 2015), il s’ensuit une nouvelle dégradation de la marge nette moyenne des producteurs qui descend à 105 € pour 1 000 litres (113 en 2105), avant rémunération calculée de l’éleveur. »

En élevage allaitant, « la situation se dégrade encore pour les élevages spécialisés de gros bovins de boucherie, avec, sous l’effet d’une nouvelle baisse des cours des bovins, des marges nettes dégradées par rapport à l’année 2015, déjà critique. En moyenne, après prise en compte des « charges calculées » (rémunération des facteurs auto fournis estimée en référence à un revenu de parité), les élevages naisseurs-engraisseurs perdraient en moyenne 16 centimes par kg vif en 2016 (perte double de celle de 2015). »


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Paris, 18 December 2018