A new vision for agriculture
momagri, movement for a world agricultural organization, is a think tank chaired by Christian Pèes.
It brings together, managers from the agricultural world and important people from external perspectives,
such as health, development, strategy and defense. Its objective is to promote regulation
of agricultural markets by creating new evaluation tools, such as economic models and indicators,
and by drawing up proposals for an agricultural and international food policy.
A look at the news

BREXIT: bright future or incoming disaster for the UK?



Permanent Assemblies of Chambers of Agriculture (APCA), Economic Letter, June 2017

June 12, 2017

If Britain regains its political sovereignty after Brexit, what will happen to its food sovereignty and the future of its farmers? What strategy will London adopt for trade with the European Union and more globally with the rest of the world? Will it re-establish its tradition for free-trade, inherited from the nineteenth century where its colonial empire secured its supplies, or conversely will it be more pragmatic, protecting its farmers by re-establishing deficiency payments, the counter-cyclical aid that it was the first to set up in 19471?

These are questions raised in the latest editorial by the Chambers of Agriculture in their economic letter2, in a financial context less favourable to the United Kingdom, against a backdrop of inflationary pressure, with contraction in domestic demand and political uncertainties.


Momagri Editorial Board




Il y a un an, les électeurs britanniques se prononçaient en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Le Royaume-Uni devrait donc ne plus appartenir à l’UE au printemps 2019. C’est le 29 mars dernier que l’Article 50 du Traité de Lisbonne a été activé, afin d’organiser les négociations sur les modalités de cette séparation. La décision de quitter l’UE expose désormais l’économie britannique à des incertitudes radicales, celle concernant ses échanges extérieurs de produits agricoles et alimentaires étant l’une des plus préoccupantes.

Au regard du poids que représente l’économie britannique dans l’Union européenne, tant sur le plan du PIB (près de 3 000 milliards de dollars, faisant d’elle la deuxième puissance derrière l’Allemagne) que sur celui de la population (65 millions d’habitants), la sortie de l’UE – désormais qualifiée pour l’histoire de Brexit – va sans doute être lourde de conséquences pour le Royaume-Uni. Les indicateurs économiques étaient pourtant bien orientés jusqu’au début de l’année 2017, à la veille de l’entrée en vigueur de l’Article 50. L’économie dans son ensemble ainsi que les marchés financiers étaient de plus soutenus par la politique monétaire accommodante pratiquée par la Banque d’Angleterre. Ce n’était qu’un feu de paille. La conjoncture économique s’est en effet retournée. Outre le redressement du prix du baril de pétrole, c’est la dépréciation de la devise britannique face à l’€ qui a engendré une inflation importée laquelle, en raison d’une progression insuffisante des salaires, a entravé le maintien du pouvoir d’achat des ménages. Que la croissance économique du Royaume-Uni se dégrade durablement avec le Brexit, et ce seraient les firmes étrangères qui reflueraient vers le continent, compromettant ainsi la capacité du pays de combler son déficit de la balance des opérations courantes par des investissements directs réalisés par ces capitaux étrangers.

Les perspectives économiques se sont de surcroît assombries avec l’activation de l’Article 50 du Traité de Lisbonne et l’âpreté des négociations avec Bruxelles. Elles le seront d’autant plus que le Brexit est porteur d’une exacerbation de la dépendance alimentaire du Royaume-Uni. Aujourd’hui, le pays importe 60% de sa consommation de viande de porc – quasi-intégralement en provenance de l’UE – plus de 30% pour la viande bovine, les produits avicoles détenant un taux d’autosuffisance plus élevé (73% pour la volaille et 88% pour les œufs). Dans le secteur laitier, le taux d’autosuffisance est lui aussi assez élevé, puisqu’il est de l’ordre de 80%. Londres importe globalement par conséquent beaucoup.

La sortie de l’UE offre au Royaume-Uni deux types de stratégies. La première a trait à l’application d’un libre-échange intégral avec une élimination des barrières tarifaires. On sait que, historiquement, le Royaume-Uni a souvent opté pour cette stratégie, le pays étant convaincu que les importations peuvent être moins coûteuses que la production domestique. Quel que soit le secteur, l’option du libre-échange ouvre la voie à des importations en provenance de pays tiers, mettant à l’épreuve de la concurrence mondiale les anciens partenaires européens du Royaume-Uni, à l’instar de l’Irlande pour le bœuf, du Danemark, de l’Allemagne ou de la France pour les produits laitiers, de l’Espagne ou des Pays-Bas pour les fruits et légumes, et, enfin, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Irlande pour le porc (ces quatre acteurs fournissant 77% des importations britanniques de viande de porc). C’est un pari risqué, car si la devise britannique s’installait durablement sur une trajectoire de dépréciation, le coût des produits agricoles et alimentaires importés pèserait lourd dans l’inflation et donc dans la détermination du pouvoir d’achat des ménages. L’ouverture du marché britannique serait pour les pays tiers un effet d’aubaine préjudiciable aux membres de l’UE.

L’autre option qui s’offre au Royaume-Uni une fois la sortie de l’UE rendue effective en 2019, consisterait à user de barrières tarifaires. Le maintien ou l’élévation de tarifs douaniers opérerait une réduction des flux commerciaux de produits agricoles et alimentaires. La pénétration du marché en serait plus ou moins fortement ralentie, suggérant ainsi aux gouvernements de sa Majesté de se doter de moyens de politique publique idoines, afin de relancer la production agricole intérieure, ce qui, à bien y regarder, constituerait une sorte de rupture avec l’esprit du libre-échange sur lequel le Royaume-Uni s’arc-boute depuis le milieu du XIXe siècle.

Dans les deux cas, le Brexit comporte un coût, tant pour le consommateur que pour les finances publiques. Déficitaire dans ses échanges commerciaux agroalimentaires (plus de 3 milliards d’€), Londres se retrouve face à un dilemme. Le Royaume n’avait pas pensé que, en retrouvant sa souveraineté politique, il s’exposerait à la question de son approvisionnement alimentaire. Une antienne dans l’histoire britannique.

L’inflation au Royaume-Uni

L’effet de l’effondrement de la devise britannique depuis le résultat du référendum de juin 2016 a été immédiat. Si les exportations ont été stimulées par ce mouvement de parité face à l’€, il a eu en contrepartie un impact sur l’évolution des prix. Le taux d’inflation s’est en effet mis à grimper simultanément à la dépréciation de la Livre Sterling. Préjudiciable pour les consommateurs, cette résurgence de l’inflation aura des conséquences sur la politique monétaire menée par la Banque Centrale.


1 To know more about this second item you may want to read the thoughts of the British Minister for Agriculture in the following note
http://www.momagri.org/UK/focus-on-issues/Brexit-What-if-Great-Britain-was-waiting[...]

2 To find the full editorial and letter, click the following link
http://www.chambres-agriculture.fr/publications/toutes-les-publications[...]



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Paris, 17 November 2017