Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Tribune

La sécurité alimentaire doit être une priorité absolue du G20



COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 30 mars 2009


L’aboutissement du cycle de Doha va à l’évidence être présenté au G20 comme la solution pour se prémunir du protectionnisme. Pourtant, les dernières simulations du modèle momagri démontrent qu’une libéralisation non régulée de l’agriculture aboutirait lors des quinze prochaines années :

- à une chute brutale du chiffre d’affaire des agriculteurs des pays les plus pauvres (-60%),

- à une baisse durable dans les pays émergents importateurs (Chine et Inde -30% à 40%)

- et à une érosion tendancielle pour les pays développés (avec des creux sur plusieurs années à-30%).

- Seuls les pays émergents exportateurs comme le Brésil tireraient leur épingle du jeu.

Le résultat ? Un bouleversement de l’équilibre mondial avec pour signe majeur l’appauvrissement, voire la disparition des économies agricoles dans les pays à plus forte croissance démographique. L’Europe et les Etats-Unis, connaîtraient également des pertes d’emplois massives dans l’agriculture et l’agroalimentaire. La sécurité alimentaire de l’Europe serait alors remise en cause.

Les grands gagnants ? Les fonds d’investissement qui achètent des millions d’hectares, notamment en Afrique, car ils bénéficieront pleinement de l’abaissement des barrières douanières.

Peut-on prendre le risque que l’avenir de l’agriculture mondiale subisse le même sort que celui des marchés financiers ?

Sans mise en œuvre d’une régulation mondiale pour éviter les effets déstabilisateurs voire dévastateurs de la volatilité des prix, un accord à l’OMC dans le domaine agricole serait à l’origine d’une crise alimentaire autrement plus dangereuse que la crise financière actuelle. Dès lors, les gouvernements seraient obligés de recourir à des mesures protectionnistes pour assurer leur mission première : la sécurité alimentaire de leurs peuples.

Doha, loin d’être le Cycle du développement peut ainsi devenir le Cycle du chaos.

Comment faire face à ce « scénario catastrophe prévisible », qui vient s’ajouter aux menaces de conflits potentiels liés à l’accès à l’énergie ou à l’eau ?
Il est donc urgent pour l’éviter de construire une gouvernance mondiale de l’agriculture :
- pour favoriser l’objectif de sécurité alimentaire dans un marché régulé, c'est-à-dire la recherche d’une solvabilité alimentaire collective.
- en faisant de la sécurité alimentaire de la planète un des enjeux du G20, à l’égal de la régulation des marchés financiers ou de la relance économique.
- en évitant, à très court terme, l’effet d’annonce politique autour d’un accord sur l’agriculture à Doha, dans le seul but de redonner de la confiance à bon compte, là où les échecs se succèdent depuis 7 ans !

Il est donc prioritaire que le G20 redéfinisse les finalités du Cycle de Doha et ne l’utilise pas comme le symbole de la lutte contre le protectionnisme.


Contact :
Dominique Lasserre
00 33 1 43 06 42 70
dominique.lasserre@momagri.org
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Paris, le vendredi 31 octobre 2014