Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Jacques Carles
Tribune

Salon International de l’Agriculture 2016 :
Pour une Agriculture et une Alimentation citoyenne !



Jacques Carles, Délégué Général de Momagri




La tribune de Jacques Carles a été rédigée dans le cadre d’un partenariat avec le Salon International de l’Agriculture pour son édition 2016 qui porte sur le thème Agriculture et Alimentation Citoyennes.

Depuis un demi-siècle, le Salon International de l’Agriculture rassemble chaque année tous les acteurs du monde agricole. Il est la référence de son secteur, non seulement en France mais aussi à l’étranger. En 2015, le Salon a ainsi compté 691 058 visiteurs, 1050 exposants, 3859 animaux, et 4 univers différents (Élevages & ses filières, les produits gastronomiques, les cultures et filières végétales, les métiers et services de l'agriculture) que nous aurons plaisir à retrouver cette année.

Toutes les informations concernant l’édition 2016 du Salon International de l’Agriculture sont disponibles sur le site internet du salon qui se déroulera cette année du 27 février au 6 mars: https://www.salon-agriculture.com/


La rédaction de momagri


Placer l’édition 2016 du Salon International de l’Agriculture sous la thématique « Agriculture et Alimentation citoyenne » invite à s’interroger tant sur la place de l’agriculture dans la société que sur les choix politiques concernant son avenir.

Car nous avons tous une responsabilité dans la définition des modèles agricoles et des systèmes de production, afin de préserver notre indépendance alimentaire, une diversité d’offre et de consolider l’activité sur nos territoires ruraux.

C’est non seulement notre compétitivité qui est en jeu, mais aussi notre place sur les marchés, l’emploi de l’amont à l’aval et les intérêts de notre pays.

Soyons conscients des réalités du 21ème siècle ! L’agriculture et l’alimentation occupent une place géostratégique dans les priorités des grandes puissances : Etats-Unis, Chine, Inde, Brésil, Russie, Canada. Et c’est aussi le cas pour les pays où le rapport de la production sur la consommation est déséquilibré, notamment pour les pays en développement.

Plusieurs facteurs y contribuent : l’accroissement démographique, l’élévation du niveau de vie dans les pays émergents, mais aussi les fractures d’un monde soumis à des conflits intenses. Sans compter l’instabilité grandissante de marchés agricoles.

Quelle place veulent y occuper l’Europe et la France ? Allons-nous continuer à laisser glisser la PAC vers une zone de libre-échange où les agriculteurs désormais privés d’organisation de marché, n’ont plus aucune visibilité économique.

Car, ne nous leurrons pas : la réforme de la PAC qui vient d’entrer en vigueur, place une partie du monde agricole dans une crise sans précédent et l’empêche de faire face aux déséquilibres et aux incertitudes des marchés faute de moyens d’action adéquats.

Nombreux sont les agriculteurs à ne plus trouver d’avenir et de sens dans leurs activités. Et c’est là que la responsabilité citoyenne doit s’exprimer !

Comment, par exemple, accepter le modèle de développement pour l’Agriculture que la Commission européenne vient d’exposer dans ses perspectives 2025 ? Celui d’une augmentation des exportations à bas prix couplée à une forte réduction de l’emploi agricole. Tout cela dans un contexte de marché non régulé et ouvert à toutes les spéculations. C’est, rappelons-le, le modèle de développement des pays pauvres qui ne maîtrisent pas leur avenir agricole et alimentaire.

Veut-on de ce modèle pour notre pays et pour l’Europe, alors que nous sommes un réservoir à nul autre pareil de savoir-faire, de traditions, d’innovations et de qualité ?

En tant que délégué général de Momagri, je salue le Ceneca d’avoir mis cette idée de citoyenneté au coeur de la réflexion de l’édition 2016 du Salon. Car, c’est de cet esprit de citoyenneté qu’est née chez des coopératives agricoles françaises l’idée de la création du think-tank, Momagri.

Parce qu’elles ont décidé de trouver des solutions à l’instabilité des marchés, à la volatilité des prix et aux risques qui impactent les revenus des agriculteurs, Momagri dispose aujourd’hui d’une capacité d’analyse et d’influence indispensable.

A un moment où le Monde commence à se mobiliser pour lutter contre le changement climatique, il est temps de susciter un mouvement de même ampleur pour l’alimentation et l’agriculture. Puisse ce Salon être la plateforme de lancement d’un tel mouvement !

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Paris, le samedi 23 septembre 2017