| Présentation des thèmes abordés au cours du colloque « L’agriculture mondiale en panne de stratégie : comment concilier libéralisme et développement ?» Le MOMA (Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture) est une initiative française à vocation internationale, lancée en Décembre 2005, à partir du constat suivant : Les systèmes et outils de décision actuels (modèles économiques, méthodes et fondements des négociations OMC,…) ne répondent plus aux enjeux que représente l’agriculture pour l’avenir de l’humanité en termes de satisfaction de besoins alimentaires et non alimentaires croissants, de lutte contre la pauvreté, et d’indépendance et de souveraineté des Etats. Car, si la Banque Mondiale et l’OMC partent de l’hypothèse que ces objectifs peuvent être atteints par la libéralisation des échanges agricoles internationaux visée par les accords de Doha, et l’application de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, plus personne aujourd’hui ne peut défendre une thèse dont le scepticisme théorique est patent : › Elle peut conduire à la ruine les pays les plus pauvres qui ne pourront (et ne peuvent déjà plus) faire face à la concurrence mondiale la plus dure ; › Tout comme elle peut favoriser les pays disposant de rentes de situation, parfois indues (territoires immenses, protection sociale inexistante, fragilisation de l’environnement), et qui seuls, ne pourront jamais répondre à une demande alimentaire croissante. C’est pour répondre à ces insuffisances et à ces menaces que plusieurs personnalités du monde agricole et non agricole ont rejoint Pierre Pagesse pour créer le MOMA, car les principes qu’il défend et les missions qui lui sont assignées correspondent à des valeurs universelles : › Promouvoir un système de régulation des marchés agricoles à l’échelle mondiale, dans le respect des équilibres économiques, sociaux et environnementaux. › Favoriser le développement des échanges dans la mesure où ils contribuent à améliorer la condition de tous les agriculteurs, notamment des pays en voie de développement et à optimiser la sécurité d’approvisionnement pour tous les pays. › Renforcer le potentiel de recherche, les capacités d’investissement, de productivité et d’emploi des activités agricoles et agroalimentaires, dans l’objectif d’améliorer constamment la satisfaction et la sécurité des consommateurs. › Lutter contre les dérives spéculatives et les soutiens abusifs qui faussent le fonctionnement des marchés au détriment d’un développement durable en créant et en entretenant un modèle d’alerte et d’évaluation des risques. › Développer toute action d’information et de sensibilisation qui permette aux institutions internationales et aux pouvoirs publics nationaux de prendre les mesures adéquates pour réguler les marchés mondiaux des produits agricoles. Le colloque du 19 Octobre 2006, qui s’intitule « L’agriculture mondiale en panne en stratégie : Comment concilier libéralisme et développement ? », et auquel vous participez, est l’occasion de présenter le rôle et les enjeux stratégiques de l’agriculture, et de faire des propositions nouvelles en matière de gouvernance mondiale agricole, le tout, en conservant une grande ouverture d’esprit afin que tous les avis et toutes les options puissent être débattus. Le programme de cette journée a dans cet esprit été bâti autour de quatre tables rondes, qui évoquent les thèses défendues par le MOMA : › La première : « L’agriculture est spécifique et stratégique », est développée lors de la première table ronde : Les enjeux de l’agriculture mondiale : concilier Doha, Millenium Round et Conférence de Rio › La seconde thèse : « Les modèles actuels faussent les décisions internationales : il est nécessaire d’en construire un nouveau adapté au caractère spécifique et stratégique de l’agriculture », est abordée lors de la seconde table ronde : De nouveaux instruments économiques au service de la décision politique › La troisième thèse : « Une libéralisation des marchés agricoles sans règle, c’est comme une démocratie sans loi : c’est dangereux pour l’équilibre de la paix dans le monde et l’avenir de l’humanité », est discutée lors de la troisième table ronde : Un libéralisme régulé pour une mondialisation durable › La quatrième thèse : « Il faut inventer de nouveaux cadres d’action pour répondre aux défis de notre siècle et créer une Organisation Mondiale de l’Agriculture », est détaillée lors de la dernière table ronde : Pour une gouvernance mondiale de l’agriculture I. « L’agriculture est spécifique et stratégique»
Première table ronde : Les enjeux de l’agriculture mondiale : Concilier Doha, Millenium Round et Conférence de Rio Les enjeux auxquels doit faire face l’agriculture mondiale sont multiples, car elle se situe au confluent des trois objectifs fixés par les instances internationales pour améliorer l’avenir de l’humanité et l’équilibre de la paix dans le monde : › La croissance économique et le développement dans le cadre du cycle de Doha ; › La lutte contre la pauvreté et la satisfaction de besoins alimentaires croissants dont les termes sont décrits par le Millenium Round ; › Le développement durable et la préservation de l’environnement visés par la Conférence de Rio. L’OMC considère que ces objectifs peuvent être atteints par la libéralisation des échanges agricoles internationaux visée par les accords de Doha, et l’application de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo. Or, si la contribution au bien›être collectif du libre échange et des vertus de la concurrence est indéniable, force est de constater, pour que l’ensemble des régions du monde puisse en bénéficier, et pour que les effets induits soient compatibles avec les autres objectifs visés, qu’une coopération internationale en faveur d’une régulation commune doit être instaurée car l’agriculture est stratégique et spécifique. L’agriculture est stratégique car : › Plus de 43% de la population mondiale dépend directement du secteur agricole. ›Elle est à la base des civilisations et est un attribut d’indépendance et de souveraineté. Aucun pays du monde n’a connu de développement économique durable sans une croissance préalable de son secteur agricole. › La paix du monde passe tout d’abord par la sécurité alimentaire des peuples. › La démographie et les besoins mondiaux en alimentation sont en forte croissance, notamment dans les pays en développement. La population mondiale atteindra les sept milliards d’hommes en 2010 et dépassera les neuf milliards en 2050, soit une augmentation de 40% par rapport au niveau actuel. Et, l’essentiel de cette croissance se concentrera dans les PED (à l’origine de 95% de cette croissance), qui sont caractérisés par de forts besoins alimentaires et une agriculture locale peu développée. La planète a donc besoin de toutes les agricultures du monde. › L’accès à la nourriture et à l’eau est de plus en plus problématique. Les stocks mondiaux de céréales, qui représentent plus de 70% de l’alimentation mondiale, sont en baisse depuis sept ans, quelles que soient les régions du monde. Et, l’accès à l’eau sera l’un des enjeux stratégiques du XXIème siècle. La sécurité alimentaire de l’ensemble des régions du monde est donc conditionnée par ces facteurs dominants pour l’avenir. › La pauvreté s’accroît dans de nombreux PMA, et créé une émigration rurale de plus en plus importante vers les mégapoles. › Elle est responsable de l’aménagement du territoire, du maintien d’un tissu rural, du développement rural, et de la gestion de l’environnement. › Si elle représente une alternative partielle aux énergies fossiles, aussi bien du point de vue économique qu’environnemental, cela reste marginal et ne peut faire oublier le caractère central de l’alimentation sur une planète où la moitié des habitants souffrent de pauvreté et de malnutrition. L’agriculture est également spécifique : › Les prix mondiaux des matières premières agricoles sont très volatils et totalement virtuels. La spéculation est ainsi sans commune mesure par rapport au secteur industriel : on observe des variations de 1 à 35 pour le sucre, et de 1 à 4 pour la tomate. De plus, ils ne reposent sur aucun fondement économique traduisant la structure de coûts, d’offre et de demande : ils résultent uniquement d’une stratégie du moins›disant à l’échelle mondiale en s’alignant sur les prix les plus bas. › L’ajustement entre l’offre et la demande est structurellement décalé, du fait de la longueur des cycles de production, des aléas climatiques, de l’offre micronisée, de la périssabilité des denrées agricoles, des difficultés de stockage et des mouvements spéculatifs. › Le principal facteur de production (la terre) ne peut pas être délocalisé, ni étendu à l’infini (barrière géographique), mais la production peut l’être, d’où le risque d’une double désertification, de nos campagnes et de celles des pays pauvres. Réduire l’agriculture, qui permet de satisfaire les besoins primordiaux de l’homme, à un segment économique traditionnel où le commerce international non régulé domine est un risque majeur pour l’avenir de l’humanité. II. « Les modèles actuels faussent les décisions internationales »
Il est nécessaire d’en construire un nouveau adapté au caractère spécifique et stratégique de l’agriculture Seconde table ronde : De nouveaux instruments économiques au service de la décision politique
Les négociations internationales s’appuient sur des simulations provenant de modèles économiques globaux. Il est devenu usuel de croire qu’elles sont paroles d’Evangile et l’expert finit par jouer un rôle messianique. Mais ces modèles sont souvent incomplets, simplificateurs voire totalement inadaptés à la réalité. C’est ainsi que depuis plusieurs années, et à nouveau lors du récent échec du cycle de Doha, toute la presse a relayé avec beaucoup de conviction que le blocage des négociations à l’OMC serait un grand dommage pour les pays pauvres. En réalité, et nous le démontrons depuis des mois, le modèle de la Banque Mondiale, puis le modèle Carnegie qui lui a succédé, sont tellement imparfaits qu’ils mènent à cette croyance universelle aussi fausse que dangereuse : la libéralisation totale des échanges agricoles internationaux serait source de gains pour tous les pays du monde, et plus particulièrement pour les PED qui bénéficieraient de l’essentiel de ces gains. De plus, les résultats avancés (inférieurs à 1% du PIB mondial) sont trop faibles pour que ces pays sortent de la pauvreté, et ce d’autant plus que la marge d’erreur de ces modèles est supérieure à 5% du PIB mondial. C’est pour cette raison que nous avons décidé de construire un véritable modèle de prévision dédié à l’agriculture beaucoup plus réaliste et plus crédible, le modèle NRA (Nouvelles Régulations Agricoles), en respectant une philosophie de la vérité et de la transparence beaucoup plus exigeante. Il sera ainsi un atout pour les négociations non seulement pour l’Europe, mais pour tous les pays du Monde. Contrairement aux modèles économiques traditionnellement utilisés, il prendra en compte les spécificités de l’agriculture et, pour les traduire fidèlement, il s’appuiera sur des principes de construction novateurs qui font appel aux développements les plus récents de la théorie économique, et notamment la théorie des jeux. Il sera ainsi un atout pour les négociations non seulement pour l’Europe, mais pour tous les pays du Monde et, en suivant une approche « open›source », à l’image de Linux dans le domaine informatique, il sera totalement transparent, et tous les experts du monde, aussi bien des pays développés que des pays en développement, pourront participer à son amélioration, sous le contrôle d’un comité scientifique. Le modèle NRA repose sur une architecture modulaire, c’est›à›dire qu’il est composé d’un module économique central autour duquel gravitent sept modules satellites qui correspondent aux sept critères que tout modèle agricole international équitable doit respecter, mais qu’aucun ne respecte à l’heure actuelle. Un module « Politique › Economique › Financier » permettra en outre de prendre en compte les données politiques, les taux de change et l’ensemble des barrières à l’échange, ainsi que les exportations et les importations. Ces sept critères, qui permettront au modèle NRA de prendre en compte les spécificités agricoles, sont les suivants : ›Le niveau d’indépendance vis›à›vis de l’extérieur. ›Les risques climatiques et de marché. ›Les effets sur la pauvreté. ›La croissance et les générations futures. ›La prise en compte de l’innovation et de la propriété intellectuelle. ›Le lien entre l’environnement et l’équilibre des marchés. ›Le développement durable et l’avenir de la planète. Pour modéliser ces spécificités, tout comme les nombreuses imperfections qui entravent le bon fonctionnement des marchés agricoles, les économistes du MOMA ont défini des principes de construction novateurs1 , qui confèrent au modèle NRA une grande originalité par rapport aux modèles agricoles standard. Ils ont choisi de partir de trois postulats : ›L’offre ne s’ajuste pas instantanément à la demande. ›La demande est peu élastique par rapport aux prix. ›Le secteur agricole est en interaction directe avec son environnement (énergie, santé, environnement, innovation, pauvreté, …). Et ainsi, par les principes de construction qu’ils ont définis, de répondre aux exigences des sept critères retenus qui en découlent, ce qui traduit une véritable rupture innovante dans l’élaboration des modèles économiques. En effet, le modèle NRA modélisera entre autres : ›la volatilité des prix, qui est l’une des principales spécificités de l’agriculture, en intégrant les risques et les structures de marché, les erreurs d’anticipation des producteurs, et les facteurs climatiques. ›une segmentation des consommateurs (consommateurs riches et consommateurs pauvres) afin d’évaluer les effets de la libéralisation des échanges sur la pauvreté. ›La coexistence de deux types d’agriculture au niveau mondial : l’agriculture traditionnelle et l’agriculture moderne. ›Les comportements des agriculteurs face aux risques de prix, de quantité et de qualité, en recourant à la Cumulative Prospect Theory. ›Les dispositifs de soutien des Etats qui affectent la compétitivité d’un produit voire même s’un secteur. ›Les capacités d’innovation et les différents régimes de propriété intellectuelle car ils affectent directement les gains potentiels issus de la libéralisation des échanges agricoles internationaux. Nous procéderons durant le premier semestre 2007 au calibrage et à des tests du modèle afin d’être en mesure, à partir de mi 2007, de fournir nos premières estimations chiffrées. III. « Une libéralisation des marchés agricoles sans règle, c’est comme une démocratie sans loi »
C’est dangereux pour l’équilibre de la paix dans le monde et l’avenir de l’humanité Troisième table ronde : Un libéralisme régulé pour une mondialisation durable
Le libéralisme, qui est à la fois une philosophie et une doctrine économique, sous›tend aujourd’hui la construction des relations internationales. Or, force est de constater qu’il revêt de multiples définitions et que la perception des effets qu’il provoque sont très diversement appréciés : de ceux qui les contestent violemment à ceux qui les encensent inconsidérément. Le libéralisme est en fait un état complexe et instable et, si ses bienfaits potentiels sont indéniables, leurs conditions d’obtention sont difficiles à réunir. Bien qu’il repose sur les trois piliers que sont la propriété privée, la liberté individuelle et la responsabilité, nous observons aujourd’hui que l’engagement des Institutions chargées de promouvoir la libéralisation des échanges agricoles est souvent sacrifié sur l’autel d’une vision théorique de la croissance. En démantelant les politiques de soutien et les outils de protection sans en mesurer les conséquences sur l’équilibre des nations, l’OMC poursuit donc un processus dont la seule justification est un Acte de foi qu’une démonstration convaincante de l’amélioration du bien›être mondial. Il est indéniable que les institutions internationales ont montré par le passé leur grande utilité mais elles doivent désormais s’adapter à un monde en constante expansion (9 milliards d’hommes en 2050 contre 3 milliards en 1960) marqué par l’émergence de nouvelles puissances et élaborer les instruments de soutien adéquats à la décision politique. C’est pourquoi il est essentiel d’engager une réflexion de fond sur les conditions optimales selon lesquelles une libéralisation « responsable», se développera, dans le respect des trois grands enjeux que sont la lutte contre la pauvreté, l’expansion des échanges et le développement durable. De plus, si la libéralisation « responsable » des échanges agricoles internationaux ne peut exister qu’en fonction d’une régulation internationale des marchés, la question essentielle qui se pose est celle de l’organisme qui en sera chargé. L’OMC, dont la mission est de libéraliser les échanges commerciaux internationaux, ne peut être « juge et partie » en régulant le libéralisme qu’elle promeut. Quant à la FAO, dédiée à la lutte contre la faim dans le monde, elle agit en aval pour contribuer à combattre les déséquilibres dus à la pauvreté conjointement avec le FIDA et le PNUD, sans avoir un mandat pour intervenir en amont au stade de la régulation. Il est donc nécessaire de réfléchir à la création d’une autre Institution qui serait chargée de la régulation des marchés agricoles pour promouvoir un libéralisme « responsable », en complément des actions conduits par l’OMC et la FAO. IV. « Il faut inventer de nouveaux cadres d’action pour répondre aux défis de notre siècle et créer une Organisation Mondiale de l’Agriculture » Quatrième table ronde : Pour une gouvernance mondiale de l’agriculture
Construire et mettre en œuvre une gouvernance mondiale de l’agriculture sont des objectifs dont le MOMA a fait la priorité de son action. C’est l’entreprise qu’il estime nécessaire pour répondre aux enjeux qui auront été évoqués tout au long de cette journée. Pour cela, le MOMA a défini les trois piliers qui lui permettront d’atteindre cet objectif tout en respectant les contraintes de transparence, de crédibilité et de responsabilité qu’une telle mission implique. 1. Le modèle NRA, premier pilier de la future gouvernance agricole mondiale, fournira un outil d’aide à la décision, adapté à l’agriculture, pour tous les négociateurs et décideurs internationaux car: › Il prendra en compte les spécificités du secteur agricole et, en recourant à des principes de construction novateurs à même de les représenter, traduira les réalités agricoles de manière plus fidèle et plus crédible. › Il reposera sur une architecture modulaire, ce qui le rendra réactif et évolutif : ses prévisions seront plus crédibles que celles des modèles actuellement utilisés. › Enfin, il suivra une approche dite « Open source » : il sera totalement transparent, et tous les experts du monde, aussi bien des pays développés que des pays en développement, pourront participer à son amélioration, sous le contrôle d’un comité scientifique. 2. L’agence internationale d’évaluation et de notation (Agence NRA), deuxième pilier de la gouvernance agricole mondiale, sera créée en 2007, et sensibilisera les pouvoirs publics et l’opinion sur les dangers et les dérives des marchés agricoles. A l’égal des agences de notation financières, sociales, environnementales ou éthiques, elle développera une méthodologie fondée sur le modèle NRA et fournira des indicateurs clés des différents marchés agricoles qui serviront de base aux trois objectifs qui lui sont assignés : simuler, évaluer et noter, et conseiller. Tous ces indicateurs permettront de contribuer à la formation de prix d’équilibre, mais également de noter les différents pays en termes de politiques agricole et environnementale de la même manière que certaines grandes institutions privées internationales. Pour cela, l’agence NRA sera composée d’un comité d’experts internationaux, regroupant des comités d’experts régionaux. Elle sera confortée par un collège des Sages, constitué de personnalités de grand renom international (anciens chefs d’Etats, grandes consciences …). Ces comités d’experts se réuniront régulièrement pour définir les niveaux de ces indicateurs, conseiller et noter les différents acteurs concernés (régions, pays, entreprises) en termes de politique agricole et environnementale. Ainsi, par exemple, si la compétitivité d’une région se fait au détriment de l’environnement, une action de régulation sera recommandée, faisant connaître le coût pour la collectivité de la détérioration de l’environnement. C’est selon cette logique et grâce aux outils développés par l’agence NRA, que l’OMA et les organismes nationaux et internationaux réglementant le commerce pourront prendre demain des mesures destinées à rééquilibrer, au plan international, des distorsions observées. C’est cet ensemble d’évaluations et de notations qui fera de l’agence NRA un véritable outil de régulation en même temps qu’une source permanente d’information servant à mieux encadrer les négociations internationales. 3. Les principes de gouvernance, troisième pilier de cette future gouvernance agricole mondiale, constituent une première approche de ce que pourrait être l’OMA. Ils comprennent deux types de principes : › des principes généraux, qui s’organisent autour de la définition de prix d’équilibre par secteur agricole. › des principes d’organisation par secteur agricole, qui regroupent les principaux pays producteurs mais assurant aussi une représentation des pays consommateurs. |