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Tribune |
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La France et le Brésil s’entendent pour réguler les marchés agricoles
La rédaction de momagri
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Un mois seulement après que l’Allemagne et la France ont convergé vers une position commune sur la réforme de l’agriculture européenne, c’est au tour du Brésil de s’associer à la France sur le dossier de la régulation des marchés agricoles internationaux.
A l’occasion de la réunion du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) qui s’est tenu à la FAO du 11 au 16 octobre, Bruno Le Maire et Guilherme Cassel, ministre brésilien du Développement agraire, ont présenté une contribution conjointe organisée autour de trois principaux sujets: la volatilité des prix agricoles, les politiques foncières et le changement climatique.
Afin de lutter contre la volatilité excessive des matières premières agricoles, la France et le Brésil proposent ainsi quatre grandes mesures :
- Améliorer la transparence des informations sur les niveaux des stocks mondiaux de céréales, pour mieux coordonner les politiques nationales ;
- Inciter à la création de stocks alimentaires nationaux ou régionaux ;
- Promouvoir la mise en place de mécanismes financiers innovants pour protéger les agriculteurs de la volatilité des prix, notamment en instaurant un mécanisme de garantie des prix ;
- Mieux réguler les marchés des dérivés de matières premières agricoles.
Pour que ces quatre mesures soient mises en place, la France et le Brésil demandent que le groupe d’experts de haut niveau mandaté par le CSA travaille à définir les causes de la volatilité pour ensuite proposer des outils efficaces de gestion des risques liés aux prix.
Les deux pays se sont également entendus sur la question des achats de terres dans les pays en voie de développement. Face à certaines dérives, Bruno le Maire et Guilherme Cassel souhaitent ainsi que cette pratique soit mieux encadrée au niveau international.
La position commune entre la France et le Brésil est intéressante à deux titres.
Tout d’abord car elle révèle que la France se positionne clairement comme un acteur clé des négociations futures, que ce soit dans le cadre de l’OMC et du G20, mais également dans le débat européen relatif à la PAC comme nous l’avons souligné le 25 octobre avec la position commune France – Allemagne1.
Ensuite car elle reflète l’émergence d’un consensus inédit sur des objectifs fondateurs pour l’avenir.
Il est, par ailleurs, utile de noter que les mesures proposées se situent dans la ligne des travaux et des préconisations de momagri, notamment pour mieux comprendre les causes de la volatilité des prix.
Mais le plus difficile reste à venir. Pour que ces objectifs ne soient pas que des vœux pieux, les puissances agricoles devront se mettre d’accord sur les modalités concrètes d’une régulation internationale des marchés agricoles qui dépasse les mandats existants des différentes organisations internationales : que cela soit celui de l’OMC sur le commerce, de la FAO sur la sécurité alimentaire ou du FMI sur la stabilité financière internationale. Une gouvernance renouvelée et transversale des problématiques agricoles est donc nécessaire pour atteindre ces objectifs. C’est ce à quoi appelle momagri à travers les différents travaux menés et les propositions avancées depuis 2005.
1 Article La France et l’Allemagne adoptent une position commune pour une PAC forte après 2013, publié le 11 octobre dans la rubrique « Regards sur l’actualité ».
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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| | Paris, le mercredi 23 mai 2012 |
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