Le 25 février, momagri s’est rendu à l’invitation de la Coop fédérée1, une des coopératives de producteurs agricoles les plus importantes du Québec, pour présenter dans le cadre de leur assemblée générale annuelle les résultats des travaux engagés depuis 2005 et ses propositions. Cette rencontre a mis en lumière la réelle convergence de vues entre momagri et la Coop fédérée sur les dangers d’une libéralisation non régulée des marchés agricoles internationaux, comme en témoigne le communiqué de presse rédigé par cette dernière à l’issue de la présentation. Mais au-delà, elle souligne l’émergence d’une dynamique de coopération internationale autour de l’agriculture, qui dépasse les clivages nationaux. La rédaction de momagri
Montréal (Québec), 25 février 2009 - La Coop fédérée et le Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture (momagri) conviennent que pour éviter une véritable catastrophe alimentaire mondiale, il faut retirer la question agricole des négociations actuelles du cycle de Doha à l'OMC. Telle est la conclusion de la présentation de M. Jacques Carles, directeur général du momagri, lequel était invité à présenter son organisation et ses réalisations dans le cadre des assises annuelles de La Coop fédérée. « L'agriculture est le seul secteur économique dans lequel le dumping, à savoir la vente à perte, est institutionnalisé. Les marchés des produits agricoles ne suivent pas les mêmes lois que ceux des produits manufacturés ou des services. Ils sont soumis à une extrême volatilité des prix qui menace la viabilité de toutes les économies agricoles. Les agriculteurs ne peuvent pas remplir leur mission nourricière dans un marché devenu totalement chaotique. Ils ont besoin de prévisibilité que seule une politique agricole internationale régulant les marchés pourra leur apporter », d'ajouter M. Carles. « La Coop fédérée a toujours considéré que l'agriculture et l'alimentation ne devraient pas être traitées comme de simples marchandises. Au même titre que l'eau et la culture, l'agriculture et l'alimentation font partie du patrimoine mondial et des fondements de la vie et devraient à notre avis bénéficier d'un traitement d'exception aux négociations en cours pour la libéralisation du commerce à l'OMC », de souligner M. Denis Richard, président de La Coop fédérée. « Il faut préciser que La Coop fédérée et le momagri ne sont pas contre la libéralisation du commerce agricole. Cette libéralisation doit cependant s'effectuer en tenant compte du caractère spécifique et stratégique de l'agriculture. Une dérèglementation du commerce des denrées agricoles qui ne tiendrait pas compte de ces éléments pourrait effectivement engendrer des crises alimentaires s'ajoutant à la crise économique actuelle », précise M. Claude Lafleur, chef de la direction de La Coop fédérée. momagri Le momagri, est un « think tank » qui rassemble des responsables du monde agricole et des personnalités d'horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense, etc.). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d'évaluation (modèle économique, indicateurs, etc.) et en formulant des propositions pour une politique agricole et alimentaire internationale. S'inspirant des modèles économiques officiels, momagri s'est notamment attelé à la lourde tâche de développer un modèle qui réponde aux particularités de l'agriculture. Ce nouveau modèle a fourni ses premiers résultats en mars 2008. Contrairement à la plupart des experts et décideurs internationaux qui pensaient que les prix des matières premières agricoles allaient continuer à croître lentement, il a démontré que des retournements brutaux des prix pourraient survenir à très court terme. L'actualité lui a donné raison : quelques mois plus tard, la plupart des cours des matières premières agricoles enregistraient des chutes importantes, supérieures à 50 % pour certaines. Par la justesse de ses anticipations, et la formalisation de facteurs jusqu'alors négligés comme la spéculation, le modèle mis au point par momagri a suscité un intérêt certain, aussi bien en France qu'à l'international. Le momagri a ainsi été récemment invité par la FAO, l'OCDE, le FMI, et l'OMC pour présenter ses travaux et les résultats de son modèle. Le momagri a d'ailleurs été récemment invité, à la demande du rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, M Olivier De Schutter, à faire partie d'un groupe de réflexion d'urgence sur la situation de l'agriculture mondiale avec d'autres intervenants connus des milieux économiques dont le prix Nobel d'économie, M. Joseph Stiglitz. La Coop fédérée Fondée en 1922, La Coop fédérée représente aujourd'hui plus de 58 000 membres regroupés dans 92 coopératives. Disposant de plusieurs dizaines d'établissements répartis au Québec, en Ontario et en Alberta, La Coop fédérée emploie 11 175 personnes et cumule un chiffre d'affaires de plus de 3,6 milliards de dollars. 1 Fondée en 1922, la Coop fédérée représente aujourd'hui plus de 58 000 membres regroupés dans 92 coopératives. Disposant de plusieurs dizaines d'établissements répartis au Québec, en Ontario et en Alberta, La Coop fédérée emploie 11 175 personnes et cumule un chiffre d'affaires de plus de 3,6 milliards de dollars canadiens (soit 2,25 milliards d’euros). Cf. http://www.coopfed.qc.ca/ |