« Négociations OMC : Il est indispensable de procéder à un traitement différencié entre les produits agricoles et industriels » Le MOMA tient à remercier Son Excellence, Monsieur l’Ambassadeur Hiroshi Hirabayashi , de bien avoir voulu lui accorder une interview sur les négociations actuellement en cours sur l’agriculture à l’OMC. Le Japon et l’Europe partagent en effet la vision selon laquelle l’agriculture représente un secteur d’activité spécifique et stratégique pour chaque pays. A ce titre, l’agriculture doit bénéficier d’un traitement adapté aux multiples enjeux économiques, sociaux, environnementaux et énergétiques, ainsi qu'aux différences de conditions de production de chaque pays! 1. Monsieur l’Ambassadeur, vous avez récemment déclaré que le Japon et l’Europe partagent la même analyse sur l’état des négociations à l’OMC. Sur quels points se rejoignent-ils ? Comment qualifierez-vous la philosophie qui les réunit ? Nous pensons qu’afin d’assurer le développement de l’économie mondiale, il est important, d’une part, de construire un ordre commercial ouvert, mais qu’il est tout aussi primordial de suffisamment faire valoir les multiples fonctions attendues des différentes agricultures de chaque pays. L’Union Européenne partage aussi complètement cette philosophie. De plus, le Japon et l’Europe s’accordent sur le fait que les résultats de ce cycle de négociations doivent former un ensemble de mesures réaliste et équilibré. 2. Quel impact aurait une libéralisation totale des marchés agricoles sur le Japon et le reste du monde ? En ce qui concerne les marchés agricoles, chaque pays, y compris le Japon, procède à la réforme de sa politique agricole, cependant il est à craindre que l’amélioration trop radicale de l’accès aux marchés ait pour effet de perturber le déroulement normal de ces réformes. En outre, nous pensons qu’il est également possible que cela ait une influence sur le maintien d’un certain niveau de production nationale nécessaire afin de protéger la multifonctionnalité de l’agriculture et la sécurité alimentaire. 3. Comment traduire dans les faits un traitement différencié entre les produits agricoles et industriels ? Les produits agricoles et industriels connaissent des structures industrielles et des négociations douanières qui leur sont propres. Qui plus est, dans l’agriculture, existe l’aspect de la multifonctionnalité, c’est pourquoi nous pensons qu’il est indispensable de procéder à un traitement différencié entre ces deux types de produits. 4. En décembre 2005, les négociations ont principalement porté sur le sujet des subventions à l’exportation, on dit que les prochaines discussions aborderont la question de l’accès au marché, ce qui concernera notamment le Japon. Pouvez-vous me dire quelle sera la position officielle du Japon ? Concernant l’accès au marché, dans le cadre de l’Accord cadre de juillet 2004 relatifs aux produits courants, les participants sont tombés d’accord sur une réduction tarifaire plus importante pour les produits dont les taux de droits sont les plus élevés. Et actuellement, est proposée par exemple une réduction des taux de droits de 45% sur ces droits élevés. De plus, nous proposons que les produits sensibles soient assurés d’être traités de manière souple et en nombre suffisant. Et puis, nous affirmons qu’une proposition telle que le plafond tarifaire qui ne tient pas compte des différences de conditions de production de chaque pays, est injuste. Hiroshi Hirabayashi Ambassadeur du Japon en France |