Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Terre-net
  Témoignage  
 

Les leçons n’ont pas été tirées



Pierre Boiteau, directeur des rédactions de Terre-net Média


Article paru dans Terre-net Magazine


« Le spectre des émeutes de la faim refait surface », « le prix du blé bat des records »…La lecture de quelques titres de la presse généraliste française démontre chaque jour que les leçons de 2008 n’ont pas été tirées.

Certes les médias s’enflamment facilement. Le catastrophisme a toujours été plus porteur pour des lecteurs friands de mauvaises nouvelles. Mais ce faux débat ne doit pas cacher la responsabilité politique des états et de leurs gouvernements. La situation que nous vivons était évitable.
Les conclusions du G20 agricole de 2011 au niveau mondial, les orientations de la Pac souhaitées par la commission européenne et la contractualisation amorcée en France semblaient pourtant prometteuses. La régulation revenait sur le devant de la scène. Promis, tout allait mieux se passer !

Or, force est de constater que les choses n’ont pas évolué au-delà des bonnes intentions. Elles se sont même aggravées.

La sécheresse aux Etats-Unis cet été aura été celle de trop ! A peine annoncée, elle a relancé la flambée des prix, la spéculation financière et les risques de crises alimentaires et d’émeutes de la faim. Les cours du maïs, du blé et du soja ont atteint ou dépassé leur niveau de 2007-2008.

Pour les producteurs, les choses n’ont pas vraiment changé. « Je ris et ma femme pleure », me résumait récemment un agriculteur. Sur la ferme, il s’occupe des grandes cultures, son épouse de l’élevage…et des achats d’aliments.

Bref, nous pourrions reprendre telles quelles nos positions affichées depuis plusieurs années : quand va-t-on enfin « doter les marchés de produits agricoles d’outils de régulation et de stabilisation ? Ceci afin d’améliorer leur fonctionnement et leur résistance aux crises ». Le G20 agricole y est favorable et avait signé en juin 2011 le plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture, que la France avait réclamé. Notre contractualisation inter-filières est un flop ! Quant à l’Union européenne, ses propositions pour la future réforme de la Pac ne reflètent pas l’urgence d’agir. Alors le concret, c’est pour quand ?


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Paris, le vendredi 24 mai 2019