Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Témoignage

Des céréaliers déboussolés



Patrick Durand
Administrateur de la SAF- Agriculteurs de France


Quelques jours avant la publication des réflexions de la Commission européenne sur le bilan de santé de la Politique Agricole Commune, Patrick Durand a souligné, dans l’édito de la lettre hebdomadaire du 9 novembre de la SAF1 dont il est l’un des administrateurs, l’incertitude portant sur le prix « normal » d’une tonne de blé et la nécessité de pérenniser des outils de régulation des marches agricoles, même en ces temps de cours élevés.



Alors que la commercialisation de la récolte 2007 bat son plein à des prix inespérés, les céréaliers ne savent plus comment faire !

A quel prix vendre leur récolte ? Que doivent-ils produire en 2008 ?

Rares sont ceux qui ont vendu au plus haut et ceux qui ont vendu trop tôt ou trop tard font porter la responsabilité de leur décision au collecteur (coopérative ou négoce) qui aurait dû savoir et les prévenir.

Mais qui peut dire aujourd’hui quel est le prix normal d’une tonne de blé ? 100,150, 300 ou 500 euros?

Quel sera-t-il dans 2 ou 6 mois ?

Et que faut-il faire pour la récolte 2008 ?

Une chose est certaine, personne n’a de réponse à ces questions. De plus la grande majorité des producteurs n’est pas préparée à gérer une telle incertitude. D’aussi grandes fluctuations ne sont donc pas souhaitables car elles engendrent trop de frustrations, aussi bien pour le vendeur que pour l’acheteur. Le marché à terme est présenté comme la solution mais ce n’est pas si simple. Les mêmes questions se posent à l’opérateur pour déboucler ses positions. L’assurance est une autre piste mais c’est une nouvelle charge. La régulation européenne des marchés reste donc indispensable pour stabiliser les échanges et assurer l’approvisionnement régulier des filières, et donc, un débouché permanent aux producteurs.

Et pourquoi ne pas rêver d’une régulation mondiale des marchés agricoles ?



Le MOMA s’associe à ces réflexions frappées au coin du bon sens, tout en poursuivant ses travaux sur son modèle économique et sur les principes d’une gouvernance mondiale de l’agriculture. Par son action, le MOMA veut apporter des éléments de réponse aux questions que se posent les professionnels agricoles par la voix de la SAF notamment sur la mise en place de mécanismes assurantiels pour prévenir des risques liés à leur activité car, si certains risques sont assurables par des organismes privés d’autres ne le sont pas…. Il offrira également des bases tangibles à une régulation mondiale des marchés agricoles afin de dépasser le stade du rêve et de l’utopie et entrer dans un processus de propositions concrètes : « l’utopie d’hier et d’aujourd’hui est la réalité de demain » nous a appris André Gide.

1 Société des Agriculteurs de France, www.agriculteursdefrance.com
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Paris, le vendredi 24 mai 2019