Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Volatilité des prix agricoles :
la Grande-Bretagne lance une nouvelle initiative

16 Novembre 2015


Le DEFRA (ministère britannique de l’agriculture) vient d’annoncer une chute des revenus agricoles britanniques dans pratiquement tous les secteurs agricoles. La filière avicole a ainsi perdu 19% de ses revenus en 2014-2015 par rapport aux années 2013-2014. Les céréaliers ont enregistré une baisse de 9% alors que la filière laitière accuse une baisse de 5% (un pourcentage en nette hausse depuis la rédaction du rapport du DEFRA). Comme pour d’autres pays de l’Union européenne, la crise agricole n’épargne pas les agriculteurs britanniques. En cause notamment l’extrême volatilité des prix.

Un comité de la chambre des Lords vient ainsi de lancer une enquête sur la résilience de l’industrie agro-alimentaire face à la volatilité des marchés. Le but étant par la suite d’étudier la manière dont les agriculteurs pourront gérer au mieux les effets de la fluctuation des prix.

Les agriculteurs ont jusqu’au 31 décembre 2015 pour répondre à cette enquête composée de 11 questions, mais déjà sa seule existence est intéressante et révélatrice à différents niveaux. Elle confirme non seulement l’intérêt grandissant pour la gestion des risques agricoles en Grande-Bretagne, bien loin du laisser-faire ultra libéral hérité de l’ère Thatcher, mais interroge également le rôle des pouvoirs publics dans la maîtrise de la volatilité. Cette investigation va alors explorer le rôle du gouvernement dans l’atténuation de la volatilité des prix et se pencher sur la nécessité de réformer la PAC pour aider au mieux les agriculteurs à répondre à une situation de crise.

Finalement, elle pose les questions que tous les Etats-Membres ainsi que Bruxelles devraient se poser afin de garantir l’intégrité et la réussite de l’agriculture européenne. Pourquoi ne pas considérer une enquête à l’échelle européenne sur la résilience de nos agricultures pour faire face à des situations de crise à l’image de celle que traverse l’Union européenne?

Car on le sait : les marchés agricoles sont de plus en plus instables et turbulents, générant de fait une incertitude croissante pour les producteurs agricoles, potentiellement dommageable aux investissements, à la compétitivité et à la rentabilité des exploitations. Une gestion effective et efficace dans la durée de la volatilité des prix agricoles est, en conséquence, devenue la condition essentielle de performance et de compétitivité.

Pourtant, le renforcement par l’Union européenne des paiements découplés comme pilier des mécanismes de soutien avec la récente réforme de la PAC entrée en vigueur en 2014, revient à tourner le dos aux réalités agricoles actuelles. La révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel européen en 2016-2017 pourrait pourtant être une occasion de lancer une réforme de la PAC qui tienne compte des réalités stratégiques, économiques et sociales.


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Paris, le samedi 18 novembre 2017