Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Vers une plateforme commune de céréales pour l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan ?

02 Mai 2011


L’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan seraient en cours de négociation pour constituer un « pool », destiné à stabiliser le marché des céréales.

Selon les informations de l’agence de presse russe Itar-Tass, reprises par l’hebdomadaire français Agrapresse, les dirigeants de ces trois pays représentant environ 30% des exportations mondiales de céréales, souhaiteraient en effet organiser et coordonner la vente de leurs céréales afin de mieux répondre aux attentes de leurs clients, et de stabiliser les marchés agricoles.

« Il serait raisonnable de coordonner nos actions afin que la situation sur le marché soit prévisible et contrôlable », a déclaré le Premier ministre ukrainien Nikolaï Azarov. « Un tel groupement deviendra un facteur important de stabilisation à la fois pour l’approvisionnement du marché et pour les prix des céréales ».

Rappelons qu’en 2010, la Russie a été touchée par une sécheresse sans précédant qui a détruit une partie de ses récoltes de blé, déstabilisant l’ensemble des marchés agricoles. A cette époque, Moscou avait demandé à Kiev et Astana de venir combler son déficit de céréales.

Cette volonté affichée de mutualiser les risques est donc un signe fort que la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan se dirigent aujourd’hui vers l’instauration d’une politique régionale comme c’est déjà le cas sur d’autres continents. Par ailleurs, une telle « alliance » conduira certainement à un renforcement du positionnement économique de la région sur les marchés agricoles mondiaux, mais également de son poids politique dans les enceintes de décision internationales.

Cette plateforme a toutefois le mérite d’être une alternative pertinente à un multilatéralisme en perte de vitesse, comme en témoignent les échecs successifs des réunions ministérielles à l’OMC. Cette décision ne pourrait-elle pas être considérée comme la voie d’avenir des relations commerciales internationales à moyen terme par la constitution de blocs commerciaux régionaux et homogènes ?

Toutefois, si un tel dispositif devait voir le jour, plusieurs questions devraient être posées, relatives aux modalités de son fonctionnement et à son positionnement dans le jeu des équilibres internationaux : Comment ce système fonctionnerait-il concrètement ? Comment s’assurerait-on de la pérennité d’une telle alliance? Comment éviter que ce regroupement n’aboutisse à la formation d’un « cartel » ?
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012