Selon Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture française, l’agriculture traverse « la crise économique la plus grave depuis ces trente dernières années ». S’exprimant le 31 août dernier lors de la foire de Chalons en Champagne, le ministre a estimé qu’il fallait des « réponses fortes » aux défis qui se posent actuellement aux différentes filières agricoles : « Nous ne pouvons faire comme avant. Nous avons besoin de donner à notre agriculture de nouveaux moyens, nous devons faire face aux défis des exigences nationales, de la réforme de la politique agricole commune et de la nouvelle donne internationale », a-t-il ajouté. C’est à ce titre que le ministre a lancé le 14 septembre un « grand débat », afin de définir quatre à cinq axes clés pour apporter des réponses structurelles à un secteur marqué par des crises à répétition. Les consensus dégagés devraient servir de base à une nouvelle loi de modernisation agricole (LMA), que le ministre souhaite transmettre au Parlement avant la fin de l’année. D’après le ministre, cette LMA doit permettre à l’agriculture de trouver sa place dans une économie de plus en plus mondialisée ; espérons que cela signifie également de trouver des nouvelles voies de régulation pour le secteur agricole. Car l’agriculture est le secteur économique qui a connu le plus de mutations et d’adaptations au cours des trente dernières années, au gré des réformes successives de la PAC. Or, si ce dernier connait une crise sans précédent, c’est peut-être parce que la dérégulation a peu à peu déconstruit l’œuvre des dernières grandes lois d’orientation de l’agriculture… |