Dans un discours tenu le 16 septembre 2009 à la 56ème session du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED, le Directeur Pascal Lamy a dit ce qui suit: “Ce qui reste à faire dans les négociations de Doha est faisable et un accord est à portée de main mais pour y parvenir, nous avons encore besoin que le soutien politique mondial qui existe se traduise en initiatives tangibles”. A la suite de la réunion ministérielle tenue en Inde1, les hauts fonctionnaires chargés des questions commerciales se concertent actuellement à Genève afin de trouver “une boussole pour guider les négociations au cours des prochains mois afin qu’elles puissent être menées à bien en 2010”, a-t-il ajouté. Une boussole, oui, mais est-on certain que celle de l’OMC n’a pas perdu le nord ? En voulant éviter à tout prix les replis protectionnistes en temps de crise, l’OMC promeut en effet une fuite en avant dans la libéralisation non régulée des échanges, sans avoir pris la mesure des risques. Est-on sûr que l’application du cycle de Doha, qui fragilisera vraisemblablement les agricultures de tous les pays pauvres, ne conduira pas à des réactions protectionnistes de la part des Etats souhaitant assurer la sécurité alimentaire de leur population ? Plus que jamais, il convient d’être prudent dans l’application des politiques de sortie de crise. 1 3 et 4 septembre 2009 |