Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Un sommet mondial du cacao pour stabiliser le marché ?

31 Octobre 2011



Alors que certains observateurs redoutent actuellement un déficit structurel de l’offre dans le secteur du cacao, Jean-Marc Anga, directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao (OIC), s’inquiète plutôt de l’hypervolatilité des cours. Pour y remédier, il propose un sommet mondial du cacao.
« Notre vrai problème dans les prochaines années n’est pas la menace sur l’approvisionnement en cacao, mais plutôt le manque de vision stratégique et de coordination entre l’offre et la demande, qui alimente la volatilité des prix et l’incertitude, menant à des pics suivis d’un effondrement. C’est ce que nous appelons, au secrétariat de l’OIC, le « boom and bust » (littéralement « prospérité et récession »). Et c’est ce que nous devons éviter à tout prix », écrivait-il dans un article publié par Jeune Afrique au début du mois d’octobre.

Comme nous l’avions souligné dans une note précédente1, les cours du cacao connaissent, en effet, une volalitilité extrêmement forte, exploitée et amplifiée par certains spéculateurs en prenant le contrôle plus de 10% de la production mondiale. Le secteur offre d’autant plus d’intérêt spéculatif que les cours ont récemment atteint des niveaux particulièrement élevés.

Cette hausse des prix est une bonne nouvelle pour les producteurs, à condition que celle-ci s’inscrive dans la durée. Or, au cours des dernières décennies, l’économie cacaoyère mondiale a alterné déficits d’offre et excédents d’approvisionnements, conduisant à des variations extrêmes des cours, avec des conséquences désastreuses pour les principaux pays producteurs. Principale ressource économique de la Côte d’Ivoire, le cacao représente avec le café 40% des recettes d’exportation et 20% du PIB. Au Ghana, le secteur représente un tiers du total des exportations et il fait vivre, selon le gouvernement, près de la moitié de la population.

Il est dès lors impératif, pour des questions de sécurité alimentaire mais aussi de stabilité économique et politique, de limiter l’instabilité excessive des cours et de garantir des prix rémunérateurs et des revenus suffisamment élevés aux cultivateurs. C’est ce que propose l’OIC qui appelle à un sommet mondial du cacao à la mi-2012 pour réfléchir à ces enjeux.

1 Cf article momagri du 06/09/10 « Haro sur le cacao : un spéculateur isolé fait flamber les cours mondiaux » : http://momagri.fr/FR/regards-sur-l-actualite/Haro-sur-le-cacao-un-speculateur-isole-fait-flamber-les-cours-mondiaux_734.html

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Paris, le lundi 22 décembre 2014