La Communauté internationale a depuis peu pris conscience, notamment lors Sommet de Rio de 1992, que la préservation de la biodiversité est une dynamique importante du développement durable. Ainsi, dans la lignée du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), récemment récompensé par le prix Nobel de la Paix, le projet de Mécanisme mondial d’expertise scientifique sur la biodiversité (IMoSEB1) est en cours de concrétisation. La création d’un tel organisme avait été envisagée lors de la conférence “Biodiversité : Science et Gouvernance” en janvier 2005 à Paris afin d’optimiser la collecte et l’usage des données concernant la biodiversité. Un comité de pilotage, fort de 80 membres et impliquant 70 pays, s’est réuni du 15 au 17 novembre dernier à Montpellier afin de rendre l’IMoSEB opérationnel d’ici un an. A l’instar du GIEC concernant les problématiques liées au réchauffement climatique, un des objectifs est de « créer un réseau d’expertise international sur la biodiversité, à partir de l’ensemble des réseaux existants » comme l’indique, Didier Babin, chercheur au Cirad et secrétaire exécutif du processus de consultation. En ce sens, il s’agira d’améliorer le stockage des données et la communication entre les chercheurs, d’attirer l’attention sur les réelles menaces pesant sur la biodiversité et de donner autorité à des informations afin qu’elles puissent servir de référents pour les responsables politiques. Ainsi, cet organisme selon Didier Babin « permettra par exemple de mobiliser et de traiter les questions émergentes mondiales afin d’accompagner les prises de décisions : biofuel, grippe aviaire, index de la diversité biologique… ». Le MOMA soutient cette initiative à double titre. D’une part, parce que l’IMoSEB1, en fournissant des avis pertinents, aiguillera le MOMA dans sa réflexion et la formulation de propositions concrètes à partir d’une conception globale de l’agriculture associant notamment l’environnement et la biodiversité. D’autre part, en procurant des données fiables, l’IMoSEB permettra aux décideurs politiques de prendre des décisions sur des bases beaucoup plus solides et de faire face ainsi au déficit actuel en ce domaine. |