« Divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde. » Cinquante ans après ce discours prononcé par N’krumah, ancien Président du Ghana et héros du panafricanisme, le rêve de voir émerger les « Etats-Unis d’Afrique » n’est pas totalement enterré.
En effet, le 12 juin à Johannesburg, les dirigeants de 26 pays d’Afrique du Sud et de l’Est ont entamé des négociations visant à créer une vaste zone de libre échange regroupant le Marché commun des Etats d’Afrique australe et de l’Est (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SDAC). Cet immense marché commun d’environ 24 millions de km², couvrirait toute la moitié orientale du continent, du Cap jusqu’au Caire, en passant par l’Angola et l’Ethiopie.
Les obstacles sur la route de ce rêve sont néanmoins de taille : barrières douanières, passage difficile aux frontières, insuffisance des infrastructures, faiblesses des chaînes d’approvisionnement caractérisent la région. Pourtant, l’enjeu est majeur face à « la responsabilité collective que nous portons envers les pères fondateurs de l’Afrique de créer un seul marché continental de grande valeur économique », déclarait le président sud-africain Jacob Zuma lors de la cérémonie d’ouverture.
Une responsabilité historique certes, mais aussi une nécessité économique. Selon la Banque mondiale, le commerce entre les pays d’Afrique représente à peine 10% du total des échanges du continent, contre 60% en Europe et 40% en Amérique du Nord. L’émergence d’une vaste zone de libre échange en Afrique australe, prélude à un grand marché commun continental, serait ainsi un premier pas vers une meilleure insertion de l’Afrique dans le commerce international.
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