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En juin 2011, auront lieu les nouvelles élections de la FAO qui désigneront le successeur de Jacques Diouf au poste de Directeur-Général qu’il occupe depuis 1994. Cette année, six candidats se présentent et sont originaires d’Autriche, d’Indonésie, d’Iran, d’Irak, d’Espagne, et surtout du Brésil, nouveau « géant agricole ».
Proposé par la Présidente du Brésil Dilma Rousseff, le candidat brésilien José Graziano Da Silva est économiste, ancien coordinateur du programme « Faim zéro » au Brésil. Il a également été ministre de la Sécurité alimentaire et de Lutte contre la faim sous la présidence de Lula avant d’être nommé représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes et sous-directeur général de la FAO.
Depuis sa création en 1945, la FAO a connu sept directeurs qui ont représenté presque tous les continents: deux Européens (Grande-Bretagne, Pays-Bas), deux Américains (Etats-Unis), un asiatique (Inde), un Proche-oriental (Liban), un Africain (Sénégal). Mais pour l’heure, aucun représentant de l’Amérique latine n’a encore occupé ce poste. Or des pays comme le Brésil et l’Argentine sont aujourd’hui devenus de véritables puissances agricoles dont la voix est de plus en plus écoutée dans les négociations internationales.
La candidature d’un Brésilien à la FAO est intéressante à plusieurs titres.
Elle souligne tout d’abord la considération hautement stratégique de l’Agriculture pour le Brésil et son souhait de jouer un rôle actif dans les enceintes de décision internationales.
Elle démontre ensuite le poids politique grandissant de la FAO dans les prises de décision agricoles internationales, en complément de l’OMC.
Une question reste toutefois en suspens en cas d’élection de José Graziano Da Silva : quelle sera la conséquence sur la stratégie globale menée par le Brésil dans le domaine agricole et plus particulièrement à l’OMC? Maintiendra-t-il sa position libérale orientée vers un démantèlement plus poussé des barrières commerciales ou bien adoptera-t-il une position plus mesurée que par le passé ?
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