Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Turbulences à venir sur le marché mondial du maïs ?

05 Septembre 2011



La volatilité des cours mondiaux du maïs devrait s’accroître en 2012 sur un trend haussier, comme l’indiquent les récentes estimations de production américaines, revues à la baisse, et les mutations enregistrées par les grands acteurs du commerce mondial.

De nouvelles estimations américaines montrent en effet que les prévisions de récoltes de maïs américain pour 2012 seraient encore inférieures aux estimations officielles – déjà basses – publiées durant l’été.

Sachant que les Etats-Unis sont le premier exportateur mondial, avec une part de marché de 50%, et que le maïs occupe une place stratégique dans les régimes alimentaires, des pressions à la hausse des prix du maïs devraient être observées sur la récolte de 2012.

Cette annonce devrait déstabiliser un peu plus le marché mondial du maïs, car, même si la Russie et de l’Ukraine ont décidé de suspendre non seulement leur embargo sur les céréales, et veulent devenir des acteurs incontournables du marché mondial (l’Ukraine deviendra ainsi en 2011 le troisième exportateur mondial de maïs, devant le Brésil), rien ne permet de dire que l’un compensera l’autre.

Cette volatilité accrue risque toutefois de se transmettre à d’autres marchés agricoles situés en aval, comme la viande bovine, la viande ovine, le porc ou les volailles, pour lesquels le maïs constitue une consommation intermédiaire essentielle. Ce faisant, elle participerait à un renchérissement du coût de l’alimentation, difficilement soutenable dans les pays en développement. Il pourrait alors s’ensuivre l’apparition et le développement de mouvements sociaux menant à la décision des banques centrales d’augmenter les taux d’intérêt pour juguler l’inflation.

Afin d’éviter qu’un tel scénario catastrophe ne se produise, il est essentiel de suivre de près les évolutions à venir et les nouvelles estimations des grands exportateurs mondiaux de manière à pouvoir initier, le plus en amont possible, les mesures de régulation adéquates.

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Paris, le vendredi 1 août 2014