Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Tensions sur le marché du coton

19 Septembre 2011



Inondations au Pakistan, forte chaleur au Texas, hausse des stocks chinois : toute une série de facteurs sont avancés pour expliquer l’augmentation soudaine des prix du coton, qui sont passés de 1,05 à 1,11 dollar la livre la semaine dernière, rendant nerveux les opérateurs sur le marché.

Ces derniers savent, en effet, à quel point les cours du coton peuvent être volatils. En début d’année, les prix de cette matière première à la bourse de New York s’étaient envolés en quelques semaines, atteignant 2,27 dollars la livre en mars ; du jamais vu depuis la Guerre de Sécession. Ils étaient ensuite rapidement retombés à 1 dollar la livre. La faiblesse des réserves mondiales, au plus bas depuis 15 ans selon le ministère américain de l’Agriculture, l’augmentation de la demande chinoise ainsi que des mauvaises conditions météorologiques avaient conduit à cette flambée des prix. Mais au-delà de causes liées aux fondamentaux du marché ou aux aléas climatiques, les comportements des acteurs sur les marchés ont aussi participé à accentuer la volatilité des cours.

En effet, alors que la crise économique rend de nombreux placements toujours plus incertains, les spéculateurs se tournent à nouveau vers les matières premières agricoles telles que le coton ou les céréales, et ce d’autant plus que leurs prix sont volatils et orientés à la hausse depuis quelques mois. Ainsi, la part des spéculateurs « purs » sur les marchés à terme du coton a augmenté de plus de 20% en un an selon les experts.

Cette présence accrue des spéculateurs a conduit la Bourse de New-York à elle-même proposer, le 3 février dernier, de restreindre les achats de contrats sur son marché à terme du coton. L’Intercontinental Exchange a par ailleurs exigé que les participants prouvent l’utilité économique de leurs achats quand ceux-ci excèdent 6400 tonnes de coton. Des mesures qui montrent bien que, s’ils ne sont pas à l’origine de la volatilité des prix, les spéculateurs contribuent à l’accentuer fortement et à tendre davantage les cours, fragilisant tour à tour l’ensemble des acteurs.

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Paris, le samedi 1 novembre 2014