Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Spéculation sur les marchés des matières premières :
quel impact sur la volatilité des prix ?

3 Octobre 2011



« L’activité des spéculateurs financiers domine les marchés des matières premières agricoles » : c’est le constat que dresse un rapport récemment publié par l’ONG britannique World Development Movement (WDM). Ces spéculateurs financiers représenteraient désormais 60% des acteurs présents sur les marchés agricoles, alors qu’ils n’étaient que 12% il y a une dizaine d’années.

Selon le WDM, la dérégulation des marchés au cours des vingt dernières années est l’un des éléments à l’origine cette évolution. La libéralisation des marchés agricoles s’est en effet accompagnée d’une financiarisation accrue de ces derniers, avec des transactions s’effectuant de plus en plus sur les marchés de gré à gré. On estime ainsi aujourd’hui que 80 à 90% des transactions sur les marchés à terme agricoles se déroulent sur ces marchés qui ne sont pas régulés. Au début de l’année 2008, plus de 90% des positions sur ces marchés ne faisaient pas l’objet d’un débouclage physique. Selon le WDM, le poids accru des spéculateurs financiers sur les marchés agricoles a conduit à une hausse et à une plus forte volatilité des prix des biens alimentaires.

L’amplification de l’instabilité des prix incombe résulte indéniablement de la spéculation. Toutefois, il ne faudrait pas pour autant attribuer aux spéculateurs l’unique responsabilité de la volatilité des prix. Celle-ci est avant tout due aux caractéristiques intrinsèques des marchés agricoles, qui sont marqués par une faible élasticité de la demande, par des aléas naturels difficilement prévisibles ainsi que par les anticipations faiblement rationnelles des producteurs. La volatilité des prix agricoles est donc structurelle, et elle est exacerbée par la libéralisation non régulée des échanges agricoles internationaux et par la financiarisation progressive des marchés.

La régulation des marchés agricoles est un objectif incontournable. Des mesures globales et transversales doivent être initiées au niveau international, à la fois sur les marchés physiques et financiers. Or, cela suppose d’avoir identifié les différentes sources de l’instabilité des cours et les canaux de transmission les unissant, pour lesquels aujourd’hui, les experts agricoles sont loin du consensus.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012