Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Spéculation sur les marchés agricoles
et volatilité des cours

16 Juillet 2012

« La volatilité des prix alimentaires a fait l'objet de multiples analyses […] mais une meilleure compréhension du phénomène s'impose, en particulier des impacts de la spéculation. » C’est ce qu’a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, à l'ouverture d'une réunion de haut niveau consacrée à ce sujet, le 6 juillet dernier au siège de la FAO.

Depuis quelques années, dans un contexte marqué par des prix agricoles très volatils, des crises alimentaires majeures et une financiarisation croissante des marchés agricoles, l’impact de la spéculation sur les prix agricoles est au cœur des préoccupations de la communauté internationale. Le G20 sous Présidence française avait ainsi consacré une partie importante de ses travaux à cette question.

Si le sujet reste controversé, de plus en plus d’experts admettent que la spéculation excessive joue un rôle sur la volatilité des prix agricoles, qu’il s’agit toutefois de bien cibler. Lors de cette réunion de haut niveau, José Graziano da Silva a ainsi distingué une spéculation liée à la détermination des prix et au fonctionnement normal des marchés à terme, d’une spéculation « excessive », « susceptible d'intensifier les fluctuations de prix et leur rapidité ».

Force est de constater, en effet, que la financiarisation croissante des marchés des matières premières au cours des vingt dernières années, dans un contexte de dérégulation et de déréglementation, s’est accompagnée d’un développement non maîtrisé de la spéculation sur ces marchés, et d’une volatilité à la hausse des cours agricoles.

Dès lors, si les marchés à terme peuvent jouer un rôle dans le bon fonctionnement des marchés agricoles en termes d’apport de liquidités notamment et de gestion de certains risques, il convient néanmoins d’encadrer la spéculation sur ces marchés afin d’éviter qu’elle ne devienne une source d’instabilité supplémentaire.

L’Union européenne, les Etats-Unis ou encore l’Inde renforcent actuellement leur législation en ce sens, en instaurant des limites de position, une standardisation des contrats ou encore une obligation d’enregistrer les transactions sur les marchés de gré à gré. Il reste cependant essentiel que de telles mesures s’inscrivent dans le cadre d’une approche globale et concertée à l’échelle internationale, afin de garantir leur efficacité.



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Paris, le lundi 28 juillet 2014