Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Spéculation excessive : la France à nouveau épinglée

2 Mars 2015


La spéculation non maîtrisée sur les matières premières agricoles ne semble pas avoir diminué depuis 2008, et ce même si les ONG et les Etats sont de plus en plus nombreux à prendre conscience des ravages d’une libéralisation tous azimuts marquée par une évolution erratique des prix agricoles mondiaux.

En France, les établissements bancaires s’étaient engagés il y a deux ans à réduire leurs activités spéculatives sur les marchés agricoles, en fermant un certain nombre de leurs fonds indiciels ou à cesser toute activité spéculative sur les matières premières agricoles.

Mais selon les dernières conclusions d’un rapport d’Oxfam France intitulé « Les banques françaises spéculent-elles toujours sur la faim ? », ces engagements paraissent rester lettre morte pour la majorité d’entre eux, alors que l’Etat n’a pas poursuivi sa politique de régulation financière initiée en 2013 (la Loi de séparation et de régulation des activités bancaires).

Pour l’ONG, « tous les experts internationaux sont aujourd'hui formels et dénoncent les risques que fait courir une spéculation excessive sur le droit à l'alimentation des populations vulnérables ». En effet, les stratégies purement spéculatives déconnectées des fondamentaux physiques, conduisent à une financiarisation progressive de l’agriculture, et donc à des risques en termes de sécurité alimentaire et d’approvisionnement. Or, malgré cette condamnation de fait, l’ONG relève que les activités spéculatives ont augmenté de 40% en une année, atteignant 3,5 milliards d’euros fin 2014, bien que, comme elle le précise, Il est très délicat de chiffrer cette augmentation en raison de l’opacité des données.

Ainsi la victoire dans la lutte contre la spéculation excessive et les abus du marché est loin d’être acquise. Dans ce contexte, il est impératif que la France, l’Europe et la communauté internationale dans son ensemble, poursuivent leur effort en matière de régulation pour se prémunir de la formation d’une « bulle agricole », dont les effets seraient au moins aussi dévastateurs que ceux de la crise financière.


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Paris, le lundi 25 septembre 2017