Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Sommet du climat 2014 : quel rôle et quelles attentes pour l'agriculture ?

29 Septembre 2014


Le 23 septembre, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies a réuni à New-York un Sommet sur le climat, auquel plus de 120 Etats ont participé. Ce Sommet avait vocation à donner un élan politique aux négociations sur le climat dans l’optique de la conférence de Paris en 2015.

Enième vœu pieux après l’échec de Copenhague en 2009 ou réelle et concrète impulsion collective en termes d’engagements et de financements ?

L’agriculture et la sécurité alimentaire figuraient parmi les priorités de l’agenda de cette journée, dans le prolongement du cinquième rapport du GIEC. Ce dernier rapport confirme que l’évolution du climat devrait avoir plus d’effets négatifs que positifs sur ces deux dimensions. C’est dans cette perspective, que Ban-Ki Moon a lancé officiellement lors de ce Sommet une « Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat ». Fruit d’un travail conjoint entre la FAO et la Banque Mondiale, cette alliance offre un cadre pratique et politique auquel Etats, institutions internationales, ONGs et entreprises sont invités à participer. Parmi ses objectifs : accroître la productivité agricole et les revenus de façon durable, adapter et renforcer la résilience face aux changements climatiques et réduire et/ou éliminer les émissions de gaz à effet de serre, chaque fois que possible.

Si ce Sommet a été l’occasion de rappeler les liens entre climat, agriculture et sécurité alimentaire, cette nouvelle alliance est loin de faire l’unanimité, notamment auprès de la société civile. Elle dénonce non seulement le manque d’objectifs clairs et réalisables mais également les modèles agro-alimentaires qui y seront promus.

Ce Sommet aura pourtant posé les jalons de la conférence de Paris qui aura lieu dans 15 mois. Mais au-delà des engagements pris à New-York, quelle justice climatique si des marchés dérégulés et volatils mettent en péril la sécurité alimentaire mondiale ? Car si les conséquences d’un changement climatique peuvent renforcer la volatilité des prix, le facteur « climat » n’intervient que comme une allumette qui peut venir aggraver une situation des marchés structurellement déséquilibrée.

Le vrai sujet est de créer à l’échelle internationale de vrais mécanismes de régulation, pour atténuer l’impact des risques non seulement exogènes mais endogènes sur l’agriculture, la faim et la pauvreté. Car ne se préoccuper que des aléas climatiques, tout en laissant les marchés fluctuer librement, en encourageant la disparition des derniers mécanismes de régulation, est particulièrement dangereux.

Finalement l’enjeu n’est pas de jouer les pythies sur l’ampleur et l’échéance des changements climatiques, mais de savoir si la stratégie agricole menée par les institutions internationales est appropriée pour relever ces défis.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017