Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Semaine verte à Berlin : sombres perspectives pour l’agriculture européenne

25 Janvier 2016


Berlin accueille, comme chaque année, la semaine verte internationale (Grüne Woche), qui se déroule du 15 au 24 janvier. Le plus important salon international de l'alimentation et de l'agriculture s’interroge cette année sur la démographie mondiale et la croissance des mégapoles, alors que plus de la moitié de la population mondiale vit actuellement en milieu urbain et devrait atteindre les 70% d'ici 2050.

Cependant au-delà du thème du salon, c’est également l’avenir immédiat des agriculteurs européens qui inquiète et mobilise dans un contexte de baisse continue des prix de la viande, du lait et des céréales. Car la crise de l’élevage persiste et les cours des céréales européennes indiquent un encéphalogramme plat, dans un contexte macro-économique anxiogène (récession de certains pays émergents, chute du prix du pétrole, surabondance de l’offre...).

Comment nos hommes politiques pourront-ils répondre à un enjeu de sécurité alimentaire mondiale si ils ne parviennent pas à désamorcer une crise qui persiste depuis plus d’un an ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour le lait, partout en Europe, les prix versés aux éleveurs ont perdu entre 30 et 40% de leur valeur.

Aujourd’hui en France plus de 60 % des agriculteurs, toutes filières de productions confondues, auraient eu un revenu négatif en 2015 si ils n’avaient pas perçu d’aides publiques. Plus des trois quarts des céréaliers auraient été dans ce cas de figure mais aussi près de neuf éleveurs de bovins et d’ovins viande sur dix1.

Enfin, Selon le dernier baromètre de conjoncture agricole de l’Ifop réalisé pour la FNSEA, 39 % des agriculteurs estiment que la situation économique de leur exploitation est mauvaise ou très mauvaise contre 22 % en mars 2014.

A cette situation, la réponse de Bruxelles est inexistante. Le Commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, s’est ainsi abstenu de toute déclaration concrète lors de la séance d’ouverture de la Semaine Verte, reflétant une fois de plus l’attitude attentiste et frileuse de la Commission quant à l’avenir de l’agriculture européenne.

Aujourd’hui, les deux tiers des financements européens ne sont pas reliés avec la réalité économique du secteur agricole européen, faudra-il alors attendre l’effondrement des revenus et des filières agricoles européennes pour considérer le redéploiement de la PAC ? Sommes-nous en train de signer la fin de nos ambitions agricoles ?

Nous avons pourtant la possibilité de redonner un cadre stratégique à la PAC adapté aux réalités agricoles et géoéconomiques, mais pour cela il faudrait accepter une révision de la PAC actuelle. C’est d’ailleurs le sens de la proposition que Momagri a adressé aux instances européennes et au gouvernement français2.


1 Chiffres du ministère de l’Agriculture français
2 http://www.momagri.org/FR/articles/UN-NOUVEAU-CAP-STRATEGIQUE-POUR-LA-PAC_1529.html

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Paris, le jeudi 23 novembre 2017