Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Selon un rapport du CEPII, une conclusion du cycle de Doha aurait un impact négatif sur le secteur agricole de plusieurs pays

14 Novembre 2011



D’après un rapport rédigé par le Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales (CEPII) et rendu public par la Commission européenne le 31 octobre dernier, la conclusion du cycle de Doha, sur la base d’un désarmement douanier multilatéral compris entre 50 et 70% selon les produits agricoles, s’accompagnerait d’un repli de 0,7% de la valeur ajoutée agricole globale de l’Union européenne1.

Si le bilan global avancé est faiblement positif (les exportations mondiales augmenteraient de 359 milliards de dollars par an, soit 0,2 point de croissance additionnelle), il existe de profondes disparités régionales et sectorielles qui démontrent les dangers liés à un tel accord, notamment dans le domaine agricole.

Les Etats-Unis devraient également s’attendre à une légère réduction de leur valeur ajoutée agricole, alors que le recul serait de près de 20% pour les pays signataires de l’Accord européen de libre-échange. Les grands bénéficiaires, sur le plan agricole, d’un accord à l’OMC seraient l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada ainsi que les grands pays émergents exportateurs, comme le Brésil et l’Argentine.

Cette étude, qui confirme en partie les résultats présentés par momagri en 20092, revêt une importance particulière à l’heure où les dirigeants du G20 tentent de panser les plaies de la crise économique et que Pascal Lamy propose une nouvelle fois de conclure le cycle de Doha au plus vite.

La question, pourtant sous jacente, de l’accroissement de l’instabilité des prix agricoles n’est pas évoquée. Or la conclusion du Cycle sur les bases proposées conduirait à une volatilité exacerbée.

Alors que les experts de l’ONU estiment qu’il va falloir accroître de 70% la production agricole mondiale d’ici 2050 afin de répondre aux besoins de 9 milliards d’individus, relancer un cycle faisant peser de tels risques sur une grande partie des agricultures du monde n’a décidément aucun sens.

1 http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2011/october/tradoc_148337.pdf
2 Cf article momagri « Loin de prémunir le monde du protectionnisme, un accord agricole à l’OMC peut nous y mener tout droit » : http://www.momagri.org/FR/articles/Loin-de-premunir-le-monde-du-protectionnisme-un-accord-agricole-a-l-OMC-peut-nous-y-mener-tout-droit-_465.html

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012