Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Selon l’OCDE, la volatilité des prix sur les marchés agricoles internationaux est conjoncturelle

22 juin 2009



La quinzième édition des « Perspectives agricoles » publiée conjointement par l’OCDE1 la FAO2 le 17 juin, souligne que les prix des matières premières agricoles devraient rester soutenus durant les dix prochaines années, en dépit de la contraction provoquée par la crise économique. Certaines cultures, comme les céréales, devraient connaître une hausse de 10 à 20 % en termes réels (corrigés de l’inflation) par rapport à la moyenne observée durant la période 1997-2006. Dans le cas des huiles végétales, l’augmentation des prix devrait même dépasser 30 %.

Trois facteurs sont évoqués pour justifier cette évolution des prix à moyen terme : la perspective d’une reprise économique, l’accroissement de la demande des produits alimentaires des pays en développement et la percée des marchés émergents de biocarburants.

Toutefois, d’après le rapport, des épisodes d’extrême volatilité des prix, comme au moment de la flambée de 2008, ne sont pas à exclure. Mais cette volatilité des prix n’est pas pour autant dénoncée ; le rapport considère en effet qu’elle relève plus du conjoncturel que du structurel. Selon les auteurs en effet, elle s’expliquerait par la dépendance du prix des produits agricoles aux coûts du pétrole et de l’énergie, ainsi que par l’instabilité grandissante des conditions climatiques.

Par cette analyse, le rapport de l’OCDE s’ancre résolument dans une vision exogène de la volatilité, qui est aujourd’hui plus que contestée par les experts ; le workshop organisé par momagri le 4 et 5 juin a confirmé qu’un consensus se dessinait parmi les économistes pour reconnaître que la volatilité des prix des matières premières agricoles étaient avant tout liées à des causes endogènes3.

Par cette prise de position, le dernier rapport de l’OCDE qui se veut résolument optimiste est fondé sur des bases très criticables… Il néglige en effet le principal facteur de déstabilisation des marchés agricoles : l’hyper-volatilité des cours, et le rôle aggravant d’une libéralisation non régulée des échanges, comme le soulignent désormais de plus en plus d’experts internationaux à l’instar de David Dawe, senior économiste à la FAO. Les conclusions de l’OCDE sont donc à prendre avec la plus extrême réserve, car elles déforment la réalité et ne donnent donc pas un cadre de décision fiable.

1 Organisation de coopération et de développement économiques
2 Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
3 Cf. momagri, « Une révolution est nécessaire dans notre manière d’appréhender le fonctionnement des marchés agricoles », 08/06/2009 http://www.momagri.org/FR/Tribunes/Une-revolution-est-necessaire-dans-notre-maniere-d-apprehender-le-fonctionnement-des-marches-agricoles-_509.html

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Paris, le jeudi 9 février 2012