Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Sécheresse en Argentine : le détonateur d’une nouvelle crise alimentaire ?

26 janvier 2009



L'état d'urgence agricole a été décrété dans deux provinces du centre de l'Argentine du fait de la sécheresse qui sévit depuis de longues semaines et qui est déjà considérée « comme la plus importante du siècle » d’après les autorités locales. Cette situation est d’autant plus grave que cette région est la plus importante zone agricole du pays : la majorité du blé, de l’orge et de la viande bovine produite dans le pays l’est dans cette zone ; près d'un demi-million de bovins ont péri et, d’après Agrapresse, la production de blé serait passée de 15 millions de tonnes en 2007 à 9 Mt en 2008.

L’Argentine n’est pas le seul pays à être affecté. En Uruguay, les pertes se situeraient entre 30 et 50% pour les grandes cultures. Même celles qui résistent le plus, comme le soja, souffrent de la sécheresse. Si le Brésil a été moins touché, 2 millions de tonnes de maïs et 1,2 Mt de soja ont tout de même été perdues en deux mois. La première récolte de maïs est en baisse de 10,7% par rapport à 2008.

La survenance de tels aléas climatiques fait peser des risques sur les niveaux des cours agricoles mondiaux, et nous considérons que la volatilité des prix sera exacerbée. D’autant plus que le contexte actuel est particulièrement turbulent, et que les pays d’Amérique latine comptent parmi les plus gros exportateurs agricoles du monde. Souvenons-nous que les récentes sécheresses australiennes et canadiennes avaient joué un rôle majeur dans l’émergence de la crise alimentaire de la campagne 2007/2008 : à l’époque, la production céréalière de ces pays avait reculé de 20%, réduisant ainsi les disponibilités de céréales exportables sur les marchés internationaux ; si l’écart n’était que de 2% entre la production et la consommation de céréales, les prix mondiaux avaient doublé.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012