Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Roquefort vs. Bœuf aux hormones : différends sanitaires ou guerre commerciale ?

23 janvier 2009



En mesure de rétorsion au refus de l’Union européenne d’autoriser les importations de bœuf américain aux hormones, le département américain au commerce a annoncé jeudi 15 janvier le triplement des droits de douane sur le roquefort, portant les taxes à 300%. Bien que le marché américain soit somme toute modeste (la France exporte environ 2% de sa production de roquefort aux Etats-Unis, soit 400 tonnes par an), le célèbre fromage français est le symbole des différends sanitaires qui opposent le nouveau monde au vieux continent.

Alors que l’Union européenne a proscrit depuis longtemps l’utilisation de toutes les hormones par les éleveurs des pays membres, les Etats-Unis regardent d’un œil soupçonneux les produits à base de lait cru. C’est dans cet état d’esprit que les uns et les autres ne parviennent pas à trouver un trouver un terrain d’entente sur la question de la lutte contre le développement des bactéries dans le poulet, sur l’utilisation des hormones de croissance, ou sur la banalisation des OGM.

Mesures sanitaires ou guerre commerciale ? Toujours est-il que, depuis la première interdiction du bœuf aux hormones en 1999, les Etats-Unis et le Canada imposent chaque année à l’Europe une centaine de millions d’euros de pénalités sous forme de taxes.

Dans ce contexte, la récente décision de l’administration Bush sur le roquefort est une mesure de plus en faveur du protectionnisme, qui va à l’encontre des mesures préconisées par le G20 notamment. Il semble bien que les impératifs de sécurité alimentaire prédominent sur les mesures « anti-crise ». Car, si les barrières douanières s’abaissent progressivement, ce sont aujourd’hui les barrières sanitaires qui se renforcent de plus en plus.

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Paris, le mardi 30 septembre 2014