Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Repenser les modèles : un enjeu capital du XXIe siècle

20 Avril 2015


Du 8 au 11 avril était organisée au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, la sixième conférence de l'INET (Institut pour une nouvelle pensée économique), créé par George Soros en 2010, en réponse à la crise économique de 2007/2008. Elle a réuni de nombreux économistes de tous bords - en particulier Thomas Piketty et Yanis Varoufakis, mais également six lauréats du prix Nobel d’économie : James Mirrlees (1996), Amartya Sen (1998), James Heckman (2000), George Akerlof et Michael Spence (2001), Joseph Stiglitz (2001).

Un parterre de personnalités éminentes dont l’objectif, est aussi vaste qu’ambitieux : secouer l’édifice des certitudes théoriques déconnecté des réalités et ainsi remettre en question les dogmes qui ont figé la pensée et les modèles économiques de ces 20 dernières années. Depuis sa création, l’INET s’attèle ainsi à élaborer des solutions aux défis du XXIe siècle, dont voici trois postulats critiques fondateurs :
    - Les marchés ne s’autorégulent pas,
    - Le libre jeu des marchés ne conduit pas spontanément à un équilibre,
    - Les marchés ne sont pas efficients.
Ainsi, n’en déplaisent aux « fondamentalistes du marché » pour reprendre une expression de Georges Soros, les marchés sont non seulement intrinsèquement instables et incertains mais sont soumis à des anticipations complexes ainsi qu’à des risques exogènes et endogènes, rendant totalement obsolète le dogme du « prix d’équilibre naturel ». Pour Robert Johnson, président de l’INET, dans cette configuration, « tout modèle tendant à prédire ou rechercher un équilibre stable est voué à l’échec. »

Conclusion : Les experts doivent intégrer dans leur réflexion que l’improbable peut se produire, même plusieurs fois de suite, et en tirer toutes les conséquences en termes de modélisation. Il est donc primordial de considérer l’incertitude comme l’hypothèse de départ qui conditionne la qualité des résultats des modèles de simulation et des avis d’experts, et non pas comme la résultante qui justifie les erreurs de prévision et de diagnostic.

Cette sixième conférence de l’INET et l’existence même de cet institut, confirment finalement l’importance de modéliser les nouvelles réalités des marchés qui sont notamment celles des marchés agricoles et la nécessaire remise en cause des modèles traditionnels, ceux-là mêmes qui ont guidé les politiques de libéralisation des 20 dernières années, sans s’apercevoir des torts qu’elles causaient.


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Paris, le dimanche 24 septembre 2017