Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Réguler la libéralisation de l’agriculture pour garantir
la sécurité alimentaire mondiale

5 Décembre 2011



Dix ans après le lancement du cycle de Doha, de plus en plus d’experts et de décideurs émettent des doutes sur les effets positifs globaux induits par une libéralisation non régulée des échanges agricoles. Désormais, l’économiste Jagdish Bhagwati, professeur à Columbia University, pourtant fervent partisan du libre-échange, invite lui aussi à la prudence.

Dans le cadre d’une interview récente accordée au média allemand Deutsche Welle1, il a en effet déclaré que toute libéralisation n’était pas bonne pour tout le monde et qu’il était par conséquent impératif d’en identifier les gagnants et les perdants.

Cela est particulièrement crucial pour l’agriculture pour deux raisons. D’une part, l’agriculture est un secteur stratégique, directement associé à la sécurité alimentaire des Etats et employant plus des deux tiers de la population de nombreux pays en développement. D’autre part, l’agriculture est aussi un secteur spécifique, du fait de son exposition unique à des risques de nature diverse, naturels et de marchés, et à sa financiarisation récente et en forte croissance.

C’est pour cette raison qu’il est urgent de rompre avec la vision traditionnelle qui a dominé la réflexion et les débats concernant l’agriculture, selon laquelle la libéralisation non régulée du commerce constituait la meilleure forme possible d’organiser les échanges.

Les crises à répétition que toutes les économies traversent et l’accroissement de l’insécurité alimentaire mondiale ont clairement démontré les limites et les dangers d’un tel modèle, d’autant plus lorsqu’il s’applique à un secteur financiarisé comme l’agriculture. A quelques jours de la prochaine Conférence ministérielle de l’OMC, qui aura lieu du 15 au 17 décembre prochains, il est essentiel de réfléchir à une réforme fondamentale de Doha plutôt que de chercher à ranimer un cycle dont tout le monde sait aujourd’hui que les fondamentaux ne correspondent plus au monde auquel il est censé s’appliquer.

1 http://www.dw-world.de/dw/article/0,,15522453,00.html

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012