Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Referendum sur la sortie de l’UE de la Grande-Bretagne : quelles conséquences pour l’agriculture ?

16 Février 2015


GREXIT, BRETIX…Il est décidément de plus en plus courant d’entendre parler de la sortie d'un État que ce soit de la zone euro ou de l'Union européenne. Mais quelles seraient les conséquences sur le marché agricole européen ou britannique d’une sortie de la Grande-Bretagne ? Certains analystes, officiels et professionnels du secteur agricole se sont penchés sur la question, et les perspectives pourraient être inquiétantes.

En effet, le referendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE pourrait se tenir en 2017. Si il remporte une large adhésion et quand bien même le divorce se ferait « à l’amiable », l’agriculture britannique et celle de son voisin écossais, notamment, pourraient largement en pâtir. Une sortie de l’UE « laisserait les producteurs à la merci du marché » alors que le pays a besoin de « bouclier », notamment à travers la PAC. Cette inquiétude exprimée début février par Richard Lochhead, Secrétaire écossais aux affaires rurales, est également celle de l’économiste irlandais Colm McCarthy, pour qui instaurer le libre-échange en agriculture pourrait s’avérer particulièrement difficile. Finalement pour beaucoup, la souveraineté alimentaire de la Grande-Bretagne serait en jeu (dépendance grandissante aux importations, baisse des exploitations…).

L’Agriculture est pourtant une activité vitale de l’économie britannique et participe pleinement à sa compétitivité internationale. Sa contribution à l’économie anglaise a par exemple augmenté de 54% entre 2007 et 2012, ainsi que l’a rappelé la dernière conférence annuelle du NFU (National Farmers Union). L’agriculture britannique devrait par ailleurs recevoir 29,8 milliards USD de paiements directs via la PAC 2014-2020. Or, ces subventions sont essentielles pour la majorité des agriculteurs britanniques, alors que seulement 10% d’entre eux parviennent à s’en passer.

Par ailleurs, les derniers chiffres du DEFRA (ministère britannique de l’agriculture) révèlent la vulnérabilité de la majorité des exploitations agricoles. Plus d'un cinquième de l’élevage mixte et de pâturage n’a pas enregistré de profit en 2013/14, tandis que plus de 20% des fermes laitières avaient un revenu net inférieur à 25 000 £ (soit 31 738 €). Même scénario chez les céréaliers. Environ 20% d’entre eux n’ont pas réussi à enregistrer un profit en 2013/14, contre 9% l'année précédente. Dans tous ces cas de figure, les DPU forment une part importante du revenu brut des exploitations agricoles. L’agriculture britannique n’est également pas à l’abri de soubresauts. Dernièrement, la crise du lait, qui paraît s’étendre à toute l’Europe, a frappé notamment l’Angleterre et le pays de Galles. Si aucune action n’est menée afin de contrer la chute des prix, certains experts prédisent que l’on n’y comptera moins de 5 000 producteurs laitiers dans les 5 ans à venir.

Dans ce contexte et en cas de BREXIT, comment l’agriculture britannique s’adapterait-elle alors qu’elle serait exposée aux fluctuations erratiques du marché ? Car les tenants d’une sortie de l’UE sont également ceux qui s’opposent farouchement aux mécanismes de régulation de la PAC. Pourtant, les dangers d’un libéralisme excessif sont réels : laisser les marchés décider du sort des agriculteurs britanniques, serait finalement les précipiter un peu plus vers la catastrophe.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017