Mardi 17 février, à l’occasion de sa réunion annuelle à Nairobi (Afrique du Sud), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a rendu public son dernier rapport, consacré à la situation alimentaire mondiale. Selon ce dernier, nul besoin d’augmenter la production alimentaire mondiale pour faire face à l’augmentation prévisible de la demande : il suffit de recycler les millions de tonnes d’aliments qui sont gaspillées chaque année par la chaîne alimentaire. En raison des pandémies végétales, des médiocres moyens de stockage dans beaucoup de pays du Sud, des déficiences des conditions de transport, des produits pas aux normes, mais également du gaspillage dans les sociétés de consommation des pays riches, près de la moitié de la production alimentaire mondiale est en effet perdue aujourd’hui. A ce égard, le PNUE préconise de réaffecter ces « déchets » à la nutrition du bétail, ou de les orienter vers la production d’agrocarburants ; ces pratiques auraient l’avantage de dégager le tiers de la production de céréales mondiale actuellement utilisé pour la nourriture animale pour le réaffecter à la consommation humaine, et de réduire la pression sur les terres fertiles. La réflexion du PNUE, qui confirme par ce choix du sujet que la question alimentaire mondiale est plus que jamais au cœur des préoccupations internationales, est encourageante pour l’avenir. Elle souligne que la situation actuelle, aussi alarmante soit-elle, n’est en aucun cas une réalité inéluctable. Des solutions existent pour contrer la faim dans le monde, et elles ne sont loin d’être hors de portée. |