Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Réaffirmer le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire des peuples

15 octobre 2007


« Notre planète produit des aliments en quantité et qualité suffisantes pour nourrir toute sa population. Et pourtant, ce soir encore 854 millions de femmes, hommes et enfants se coucheront le ventre creux ». Voilà comment Jacques Diouf, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a ouvert la cérémonie officielle de célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA) à Rome, le 16 octobre dernier. Thème central de cette JMA : le droit à l’alimentation.

Le droit à l’alimentation, d’après la législation internationale, est le droit de tout être humain à avoir un accès régulier à une nourriture suffisante, adéquate sur le plan nutritionnel et culturellement acceptable, pour mener une vie saine et active.

En invitant aujourd’hui la communauté internationale à renouveler son engagement à garantir le droit à l’alimentation aux centaines de millions de personnes sous-alimentées dans le monde, la FAO veut délivrer des messages politiques forts auquel le MOMA s’associe : « le droit à l’alimentation est le droit de subvenir dignement à ses besoins plutôt que de celui d'être nourri » et sa réalisation n’est pas une utopie.

Au cours de cette journée, le président de l’Allemagne, Horst Köhler, a ainsi affirmé que « la faim n’est pas un destin auquel on ne peut échapper et il est possible de l’éliminer grâce à des politiques avisées. Les gouvernements des pays en développement doivent accorder la priorité à la sécurité alimentaire, car tous les peuples ont le droit de bénéficier d’une alimentation saine et produite de manière soutenable et conformément à leurs cultures respectives ». Dans un message adressé aux participants, M. Lennart Båge, Président du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), a fait observer que « les trois quarts du milliard de personnes extrêmement pauvres du monde vivent dans les zones rurales ». « Beaucoup souffrent déjà de la faim et de la malnutrition, mais de nouveaux défis, notamment le changement climatique, les rendent encore plus vulnérables. C’est pourquoi, le monde a, plus que jamais, une obligation morale pressante d’investir dans le développement agricole pour combattre la faim et redonner aux pauvres leur dignité ».

Tout en rappelant que le droit à l’alimentation est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a rendu hommage à la FAO qui, a-t-il dit, a élaboré des « directives » en la matière qui fournissent un ensemble de recommandations pour des politiques visant à « combler le fossé entre la reconnaissance légale et la mise en pratique » de ce droit. Pour aller plus loin que ces seules « Directives Volontaires » qui, comme leur nom l’indique, ne sont pas juridiquement contraignantes, Jacques Diouf plaide lui pour la mise en place de mécanismes de recours car « un droit n’est pas un droit s’il ne peut être revendiqué ».

Mais la réalisation du droit à l’alimentation sur un territoire national est soumise à de plus en plus de forces internationales. L’interconnexion croissante des marchés a ainsi mis en concurrence les agricultures locales et vivrières face aux agricultures génératrices d’excédents et exportatrices. Les approvisionnements alimentaires sont par ailleurs soumis à de fortes pressions du fait à la fois de la flambée des cours de certains produits alimentaires, notamment le blé et le lait, des effets du changement climatique sur les récoltes et de la demande accrue sur le marché des agrocarburants.

Les répercussions de la faim et de la pauvreté dépassent également les frontières nationales. « Le coût de la non réalisation du droit à l’alimentation est incalculable », a ajouté le directeur général de la FAO », non seulement pour le pays directement concerné mais pour le monde entier. Et « garantir à chaque être humain une alimentation adéquate et régulière n’est pas seulement un impératif moral et un investissement rentable sur le plan économique : il s’agit de la réalisation d’un droit fondamental, universel et inaliénable ».

C’est pourquoi le MOMA plaide pour une gouvernance mondiale des questions agricoles où seraient redéfinis les principes d’organisation des échanges agricoles internationaux. Ils assureraient à chaque pays et région la solution optimale entre production interne, exportation et importation dans le respect de la souveraineté alimentaire des peuples.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012