Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Quand les investisseurs financiers d’enrhument, les marchés agricoles éternuent.

22 septembre 2008



A l’instar des autres matières premières, les prix des produits agricoles de base ont brutalement chuté depuis quelques semaines : le blé a perdu la moitié de sa valeur depuis mars, et le « Reuters-Jefferies CRB Index », l’indice le plus ancien et le plus représentatif de l’univers des matières premières, a perdu près de 30% depuis son pic du 2 juillet.

Si les récoltes exceptionnelles de l’année 2008 peuvent en partie expliquer cette nouvelle donne, en instaurant les conditions d’une détente sensible des marchés agricoles, elles sont insuffisantes pour expliquer l’ampleur des variations observées.

Il apparait que les opérations réalisées par les investisseurs financiers ont joué un rôle important. Dans la course aux liquidités provoquée par le récent séisme financier international, les spéculateurs se sont empressés de transformer en liquidités les actifs les mieux portants de leurs portefeuilles en péril, notamment les actifs agricoles. Comme le souligne Frank Holmes, chez US Global Investors, « les fonds d’arbitrage ont vendu plusieurs milliards de dollars d’actifs investis dans les matières premières pour satisfaire les demandes de remboursement de leurs clients ». La faillite de Lehman Brothers, qui était l’intermédiaire (« prime broker ») de nombreux fonds d’investissement, a certainement accéléré la tendance.

Ainsi, après avoir servi de valeur refuge suite à la crise dite des « subprimes », les matières premières agricoles servent à nouveau de variable d’ajustement pour les spéculateurs, confrontés à un marché financier de plus en plus précaire. Il est urgent de disposer d’un outil permettant d’en apprécier les effets sur les marchés agricoles, et, dans ce domaine, le modèle momagri semble être le seul. Par ailleurs, il est urgent d’en tirer des propositions concrètes, afin d’initier, comme le Président de la République française l’appelait de ses vœux le 22 septembre à la tribune de l’ONU, « un capitalisme régulier et régulé ».

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Paris, le jeudi 20 juin 2013