Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Quand les achats de terres en Europe riment avec financiarisation de l’agriculture

9 Juin 2014


Visiblement le continent africain n’est pas l’apanage des stratégies d’expansion agricoles des puissances agricoles étrangères. L’Europe et notamment la France font l’objet de convoitises de pays comme la Chine ou la Russie, ainsi que de fonds de pension, faisant craindre une fragilisation de la transparence et de la régulation des marchés ruraux, ainsi que de l'exploitation familiale, si les produits agricoles français exploités par ces investisseurs devaient exclusivement finir par sortir de l’hexagone.

La Safer tire ainsi la sonnette d’alarme : la souveraineté alimentaire française est en danger face à un phénomène qui nécessite un encadrement d’urgence. Ainsi, en trois ans les Chinois ont racheté 96 châteaux sur 7000 que compte le vignoble bordelais. En 10 ans, la proportion de biens acquis par des sociétés d'exploitation agricole est passée de 2,6% à 9,2% sans qu’il soit possible de contrôler l’identité des ayants-droits. Ailleurs en Europe, comme en Roumanie, de plus en plus d’exploitations passent aux mains de capitaux américains ou des Etats du Golfe, au nom de la libéralisation du marché foncier agricole roumain.

L’autorité de régulation du foncier rural exige ainsi une modification de la prochaine loi d’avenir de l’agriculture visant à plus de transparence et de régulation de ces transactions.

Finalement, cette tendance est surtout symptomatique d’une « désagriculturation » dont les achats de terres sont loin d’être la seule manifestation. Derrière ce phénomène se profile un problème plus profond. Il correspond à la crise d’un modèle agricole, qui sous le coup d’une libéralisation non contrôlée et soumis aux dérives spéculatives pouvant affecter désormais le foncier.


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Paris, le samedi 18 novembre 2017