Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Quand l’Agriculture française mettra la clé sous la porte...

9 Février 2015


Le nombre de dépôts de bilan avait déjà atteint un seuil critique en 2013. Depuis la dégringolade se poursuit : la Ferme France fait face à une nouvelle hausse record des défaillances d’entreprises au premier puis au second semestre 2014. Dans un contexte déjà contraint par des défaillances structurelles (volatilité intrinsèque des marchés) et marqué par des tendances lourdes (baisse des revenus agricoles, hausse des coûts de production), cette nouvelle confirme que l’agriculture française, et européenne dans son ensemble, est prise dans un engrenage négatif. Un engrenage qui ne date pas d’hier.

Dans une étude publiée le 23 janvier dernier, le cabinet Altares1 a ainsi recensé 1.329 entreprises agricoles défaillantes en 2014, soit 5,4 % de plus qu’en 2013, soit leur niveau le plus haut depuis 2005. Ce chiffre record est gonflé par l’envolée des défaillances dans les productions de grandes cultures et en élevage, en hausse respectivement de 8,9% (601 défaillances enregistrées) et de 11,7% (488 défaillances enregistrées).

Ces chiffres révèlent une chose : si la France demeure la première puissance agricole mondiale, ses positions concurrentielles s’érodent de manière constante depuis plus de 10 ans2. Les causes de cette dégradation sont attribuées aux facteurs suivants et valent également pour l’agriculture européenne dans sa globalité :
    - Le démantèlement de la Politique Agricole Commune qui a fragilisé la plupart des agriculteurs français et européens par une exposition plus forte à la volatilité des prix.

    - L’existence et l’émergence de grandes puissances agricoles, telles les Etats-Unis, le Brésil, la Chine ou l’Inde, qui concentrent leurs efforts budgétaires sur des mécanismes qui réduisent les conséquences néfastes de l’instabilité des marchés sur les revenus agricoles.

    - Et enfin, la perte de compétitivité de l’agriculture française au sein de l’Union européenne, conséquence de l’absence d’harmonisation fiscale et sociale et de charges salariales plus élevées en France.
Monsieur Hogan a récemment affirmé – non sans ironie – ne pas être « Jésus Christ ». Qu’il dorme tranquille, l’Agriculture européenne n’attend pas de lui de miracles, mais une prise en compte effective des réalités agricoles d’une Europe qui ne peut se permettre de voir son potentiel agricole s’éroder davantage.

Espérons seulement que la révision à mi-parcours du cadre financier pluri-annuel européen en 2016-2017 puisse être l’occasion de lancer une réforme de la PAC qui tienne compte des réalités stratégiques, économiques et sociales.

1 Le cabinet recense chaque semestre les liquidations et redressements judiciaires par secteur
2 En effet, à y regarder de plus près cette position de leader est fragile si l’on se fie à l’évolution chiffrée de l’agriculture française de ces dix dernières années
http://momagri.org/FR/regards-sur-l-actualite/-Ce-que-Paris-conseille-l-Europe-le-medite-ce-que-Paris-commence-l-Europe-le-continue-_1364.html



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Paris, le jeudi 23 novembre 2017