Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Prix alimentaires mondiaux à la baisse :
énième épreuve pour les agriculteurs

18 Janvier 2016


Pour la quatrième année consécutive, les prix alimentaires mondiaux ont enregistré une baisse. En 2015, ils étaient en moyenne de 19,1 % en dessous de leur niveau de l'année précédente. L’indice FAO des prix des produits alimentaires, qui mesure la variation des cours internationaux des céréales, des huiles végétales, des produits laitiers, des viandes et du sucre, est établi à 161.4 en moyenne sur l’année 2015, retrouvant son niveau de 2006-2007.

Les produits laitiers, qui cèdent 1 % en décembre, accusent la plus forte chute, avec des prix en repli de 28,5 % durant une année marquée notamment par la fin des quotas de production dans l'Union européenne. Les prix de la viande ont fini l'année en baisse de 15,1 %, le mouvement s'étant amplifié en décembre (- 2,2 %) sous l'effet « d'une hausse de la production de porc en Europe et d'une moindre demande américaine pour le bœuf importé », précise la FAO.

Les perspectives d’un gonflement de l’offre sur les marchés mondiaux suite à la suppression des taxes à l’exportation en Argentine, un contexte contraint par la poursuite de l’embargo russe, l’affaiblissement de la demande chinoise et la fin des quotas laitiers en Europe, sont autant de facteurs avancés par la FAO pour expliquer la surabondance de l’offre face à une demande hésitante.

Pourtant, expliquer l’évolution des cours par le seul modèle offre/demande est aujourd’hui dangereux. Si les facteurs exogènes demeurent des facteurs déterminants, ils ne suffiront pas à expliquer l’hypervolatilité des prix, sans prendre en compte la psychologie des marchés et les dérives spéculatives. Car aujourd’hui, plus personne ne peut décemment affirmer qu’il ne sait pas qu’un retournement brutal et non anticipé peut se produire sur les marchés financiers agricoles.

Force est cependant de constater que cette nouvelle baisse est un nouveau coup dur pour les agriculteurs qui subissent déjà de plein fouet la libéralisation non régulée des échanges internationaux sans « garde-fou » pour les en protéger.


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Paris, le dimanche 24 septembre 2017