Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Pour une nouvelle PAC construite autour d’objectifs stratégiques ou comment combler le « gap » entre les intentions françaises et les propositions de la Commission

10 mars 2008

Le Salon International de l’Agriculture qui s’est tenu du 23 février au 2 mars 2008 à Paris a connu cette année encore un franc succès avec plus de 600 000 visiteurs. Sur fond de hausse des prix de certaines matières premières agricoles, cette 45ème édition a été l’occasion pour le chef d’Etat, Nicolas Sarkozy, de prononcer un discours, très attendu, sur le devenir de la Politique Agricole Commune (PAC).

A quatre mois de la présidence française de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a souligné qu’il veillerait à ce que celle-ci permette d’engager, dès 2009, « une véritable refondation de la PAC ». Fixant de « nouvelles ambitions à l’agriculture », il prône une stabilisation des marchés et le maintien de la préférence communautaire
1.

Il a également rappelé sa fermeté quant aux négociations agricoles actuellement menées à l’Organisation Mondiale du Commerce en déclarant qu'il s'opposerait à tout accord « qui sacrifierait l’agriculture française et européenne » plaçant celle-ci comme un « enjeu stratégique » des années à venir.

Faisant écho aux propos du Président de la République, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, dans un article publié dans Le Figaro
2 le 25 février, insiste sur le fait que l’agriculture « n’est ni la nostalgie, ni une activité du passé (…) elle est un de nos actifs stratégiques et un secteur clé pour l’avenir (…) plus que jamais l’agriculture est au cœur de l’aventure humaine ».

Ces engagements sont importants à un moment où la Commission prépare les premières propositions législatives dans la ligne du « bilan de santé » de la PAC qui seront discutées sous la Présidence française de l’UE. Et sans être trop défaitiste quant à l’issue des négociations qui vont s’engager, force est de constater qu’entre les convictions affirmées par le Président de la République, le ministre de l’Agriculture et les perspectives tracées par la Commission européenne, il reste un certain « gap ». Comment sera-t-il franchi et dans quel sens ?

Le MOMA fera le moment venu des suggestions comme il a su le faire lors de la discussion du rapport Goepel au sein de la commission agriculture du Parlement européen le 26 février. Certains amendements évoquent en effet la nécessité de définir des objectifs stratégiques pour l’agriculture européenne, d’être vigilant sur la sécurité alimentaire et de ne pas s’en remettre aux seules forces du marché. La future politique européenne de l’agriculture a besoin d’instruments d’analyse et d’évaluation qui manquent aujourd’hui pour définir son cap. Espérons que les parlementaires seront entendus.


1 La préférence communautaire est un des principes fondateurs de la PAC en vertu duquel les produits européens bénéficient d’une préférence par rapport aux produits importés (droits de douane)
2 Article Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, du Figaro « L’agriculture à Paris : image de nos terroirs, image d’avenir ».
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012