Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Pour le COPA et la COGECA, assurer la sécurité alimentaire mondiale passe avant tout par la stabilisation des prix

01 juin 2008



Alors que se tient à Rome, du 3 au 5 juin, la Conférence mondiale sur la sécurité alimentaire mondiale, les représentants des agriculteurs européens (COPA-COGECA) enjoignent les décideurs mondiaux à assurer la sécurité alimentaire des Etats « en stabilisant les marchés et en offrant aux agriculteurs des prix qui leur permettent de vivre de leur activité ».

Tout d’abord, pour Pekka Pesonen, Secrétaire général du COPA-COGECA, faire reculer la faim dans le monde passe inévitablement par des incitations à la production et l’investissement dans l’agriculture puisque « plus de la moitié des 860 millions d’affamés dans le monde sont des agriculteurs ».

Par ailleurs, le COPA et la COGECA soulignent que la récente flambée des cours des matières premières est déstabilisatrice car elle illustre l’extrême volatilité des prix à laquelle les producteurs sont confrontés sur les marchés agricoles. Il est donc nécessaire de conserver des instruments de régulation capables d’atténuer les effets de la volatilité intrinsèque des prix agricoles. Or, en organisant le démantèlement de ces instruments, dans le cadre du Bilan de santé de la PAC, les responsables de l’Union européenne mettent d’autant plus en péril la sécurité alimentaire européenne que la volatilité actuelle des prix agricoles est très forte, et que les risques de pénuries alimentaires se multiplient. Pekka Pesonen appelle donc les responsables politiques européens à « refaire de la sécurité alimentaire et de la stabilité leurs principaux objectifs ».

Enfin, les représentants des organisations agricoles européennes soulignent la nécessité que les agriculteurs puissent bénéficier de « prix plus justes », c'est-à-dire de prix rémunérateurs leur permettant de vivre de leur activité. Une nécessité d’autant plus urgente que « les agriculteurs ont dû subir des prix en déclin pour leurs produits pendant des années alors que les coûts de l’énergie, des fertilisants et des produits phytopharmaceutiques ne cessaient de grimper ». Une analyse que partage momagri depuis sa création, qui ne cesse de démontrer la virtualité du prix mondial et la nécessité de raisonner en « marges » plutôt qu’en niveau de prix, tant la volatilité des prix induit en erreur. Car s’il est vrai que des niveaux de prix trop bas peuvent affecter les revenus des agriculteurs et induire des coûts collectifs considérables (abandon de l’activité agricole, hausse du chômage, exode rural, multiplication des pénuries et des famines…), l’existence de prix élevés ne garantit pas non plus un revenu décent à l’agriculteur tant ce dernier est fonction des coûts des intrants qui ne cessent de grimper.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012