Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Post quotas-laitiers : « Pourquoi seule la Commission ne propose toujours rien ?1»

29 Juin 2015


La poursuite de l’érosion des marges de certains éleveurs laitiers européens, le surplus de lait, le ralentissement de la demande chinoise, la reconduction de l’embargo russe jusqu’en 2016. Voilà autant de facteurs dont la conjonction achèvent de dresser un tableau pour le moins inquiétant de l’état du marché laitier européen. Ainsi, se dessine de plus en plus nettement une ligne de fracture entre ceux qui en Europe bénéficient d’une production en abondance pour de faibles coûts et ceux qui à l’inverse pâtissent d’un environnement géographique et économique défavorable. Le cas européen n’est d’ailleurs pas isolé, les cours mondiaux chutent alors que la Nouvelle-Zélande traverse elle aussi une passe difficile.

La situation ne serait pas à ce point anxiogène si Bruxelles et – pour ne pas la nommer – la Commission européenne ainsi que son commissaire à l’agriculture Phil Hogan, avaient pris le temps en amont de préparer la filière à sortir du système des quotas. Or, la Commission a préféré adopter la politique de l’autruche et pire encore pèche par excès d’optimisme.

Pourtant, le mutisme et l’inaction de la Commission ne sont pas partagés par l’ensemble des institutions et des acteurs européens. Le dernier rapport de M. Nicholson (ECR) adopté le 8 juin en Commission Agriculture du Parlement européen a rencontré l’adhésion du Parlement et du Comité européen des Régions. Tous sont d’avis que de nouveaux outils devront être mis en place pour notamment sécuriser les revenus des producteurs laitiers. Il conviendrait ainsi de :
    - Rehausser le niveau du filet de sécurité, pour une durée limitée et pour faire face à la crise imminente, en attendant la mise en place d’un autre dispositif.

    - Renforcer le rôle des organisations de producteurs afin qu'elles jouent un rôle économique clair dans la gestion des prix et dans la gestion de l'offre et améliorer l’efficacité de la contractualisation en élargissant le dispositif à toute la filière, incluant notamment la grande distribution.

    - Améliorer le fonctionnement de l'Observatoire européen du lait (European Milk Market Observatory) et mettre en place les moyens nécessaires pour que cet observatoire puisse devenir un véritable outil de pilotage et non pas seulement d’observation a posteriori.

    - Prendre d’urgence des mesures de sécurisation des revenus de tous les producteurs laitiers et s’inspirant en particulier des propositions d'European Milk Board.
Ces recommandations ont été adressées à la Commission européenne. Sans valeur contraignante, il faut espérer que la Commission prendra conscience de l’insuffisance et de l’inadaptation des seuls outils proposées par la nouvelle PAC et saisira l’opportunité offerte par la révision à mi-parcours du cadre financier pluri-annuel en 2016-2017 pour renouveler son approche des réalités des marchés agricoles.


1 René Souchon


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Paris, le mardi 26 septembre 2017