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Polémique autour de la hausse des prix alimentaires en France | 17 mars 2008 | En publiant fin février les résultats d’une enquête démontrant une augmentation de 5 à 48 % de la plupart des produits de consommation courante (beurre, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pain de mie, riz et jambon) sur les trois derniers mois, le magazine 60 millions de consommateurs1 a déclenché un véritable débat sur l’origine de cette forte hausse2. Une question reste toutefois en suspend : à qui ou quel phénomène peut-on attribuer cette hausse? Les premiers pointés du doigt par les industriels et distributeurs sont les agriculteurs parce qu’ils se trouvent en amont de la chaîne de valeur. Or, deux arguments viennent contredire une telle affirmation : Partant, deux principaux axes sont à privilégier : > Le prix de certaines matières premières agricoles de base (viande de porc, lait etc.) est en baisse alors que les prix des aliments sont en hausse (jambon, desserts lactés etc.) > Les prix des matières premières agricoles ne représentent, en moyenne, que 3 à 5% du prix final à la consommation. Dès lors, et c’est ce que souligne la Commission européenne comme « dans le prix du pain, les céréales ne représentent que 5% du prix total, cela veut dire que certaines augmentations ne sont pas justifiées par la hausse des produits de base ». En effet, si les prix des matières premières agricoles augmentaient de 50%, toute chose égale par ailleurs, le prix final payé par les consommateurs subirait une hausse de 1 à 2%, ce qui est bien loin des 48% observés. D’autres facteurs explicatifs doivent donc être avancés : Pour Thierry Pouch, responsable du service d’études économiques à l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, « la flambée actuelle des prix, c’est l’éternel problème de l’évolution des tarifs entre producteurs, les intermédiaires et les distributeurs : chacun prend sa marge ». En France, cinq grandes centrales d’achat se partagent le marché de la distribution contre des milliers de producteurs qui en dépendent et cette situation d’oligopsone3 joue bien souvent en leur défaveur. Lors de son intervention au Salon international de l’Agriculture, Nicolas Sarkozy, Président de la République, a d’ailleurs mis en exergue cette asymétrie dans le rapport de force des producteurs et des distributeurs et a souligné la nécessité d’apporter une solution à la problématique des marges arrières. Pour l’heure, le gouvernement réclame davantage de transparence dans les transactions effectuées. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, souhaite également organiser « une table ronde » réunissant producteurs, distributeurs et consommateurs « pour élaborer le véritables propositions ». En attendant et du fait de cette polémique, on oublie que les prix agricoles sont très volatils et que les hausses récentes interviennent après plusieurs années de prix bas et souvent au-dessous des prix de revient. Pire, on imagine que les prix des matières premières agricoles resteront élevés alors que le modèle MOMAGRI, dont les premiers résultats ont été présentés au Salon International de l’Agriculture sur le stand de la FNSEA démontre le contraire… et qu’ils seront d’autant plus volatils que la libéralisation sera étendue et non régulée. Nous donnerons à ce sujet de plus amples informations lors de la Conférence de presse que nous tiendrons au Parlement européen à Bruxelles le 9 avril prochain. 1 Il s’agit du numéro de mois de mars 2008, l’enquête a été menée par comparaison des prix de 1055 références de produits laitiers et céréaliers pratiqués par les sites Internet des grandes enseignes 2 Cette envolée a d’ailleurs été confirmée par les services de la Direction générale de la concurrence de la consommation. 3 Un oligopsone est un marché sur lequel il y a un petit nombre de demandeurs (ou acheteurs) pour un grand nombre d'offreurs (ou vendeurs). | |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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