Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Perspectives incertaines pour l’avenir de l’agriculture européenne

15 Décembre 2014


Brainstorming à la Commission européenne. La DG AGRI a tenu une conférence le 5 décembre afin de présenter les perspectives pour l’agriculture européenne à l’horizon 2024.

L’une des questions cruciales abordées a concerné l’avenir de secteurs moteurs de l’économie agricole européenne comme le lait, les céréales et la viande, alors que le contexte dans lesquels ils évoluent s’avère particulièrement incertain et instable. Quelles sont et seront les tendances de fond pour la décennie à venir selon la Commission européenne ?
    - Les prix des céréales devraient rester au-dessus des moyennes historiques dans l'UE, mais nettement en deçà des sommets de 2010 et 2012. La consommation totale de viande est orientée à la baisse. La viande de volaille étant le seul secteur pour lequel la production et la consommation devraient augmenter. Enfin, les perspectives laitières de l'UE devraient rester favorables à plus long terme, en raison de la demande mondiale croissante, et en dépit d'une dégradation attendue des prix à court terme.

    - Les revenus réels agricoles pendant cette prochaine décennie devraient quant à eux augmenter de 6%. Cependant, il existe un écart réel entre Etats-membres. Si les nouveaux entrants devaient voir leur revenu augmenter, cela ne sera pas le cas de l’Europe des Quinze.

    - Plus spécifiquement, les projections de la Commission pour le lait sont optimistes. Le cours européen du lait devrait ainsi rester assez ferme autour de 350 euros la tonne. Par ailleurs, selon les projections du cabinet GIRA, intervenant à la conférence, l’UE sera d’ici 2018 le principal bassin laitier au monde, à condition que les producteurs misent sur les marchés extérieurs à l’Union.
La volatilité extrême des prix était sans doute l’un des consensus de cette conférence, mais les statistiques présentées lors de cette journée sont loin de faire l’unanimité. A écouter les réactions des professionnels de ces secteurs, elles paraissent clairement déconnectées des réalités agricoles.

Ces projections ont été bâties sur la base d’un risque exogène limité et un environnement économique sans aspérité. Pourtant, les marchés agricoles sont exposés à des risques multiples, dont les effets néfastes sur la stabilité des cours sont exacerbés par la libéralisation non régulée des marchés agricoles. Ainsi la demande est inélastique, même à une faible variation de l’offre agricole : 1 à 2 % de variation de la production mondiale peuvent induire des variations de prix de 50 % à 100 %. A l’image des variations subies depuis 2007, les prix agricoles connaîtront donc dans les années à venir, une forte instabilité, à la hausse comme à la baisse. Finalement sur ces marchés à anticipation complexe qu’est ce qui demain pourrait empêcher un brusque et fatal retournement des cours ?

Paradoxalement, c’est peut-être de la crise que traverse l’Union Européenne que naîtra une PAC nouvelle lors de sa prochaine révision en 2017, à même de lutter efficacement contre le fléau de la volatilité et d’encourager la production, quantitative et qualitative, en optimisant le niveau des prix agricoles.


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Paris, le dimanche 24 septembre 2017