Les ministres de l’agriculture de six pays européens (Italie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Chypre et Grèce) ont appelé l’Union Européenne à redéfinir les objectifs de la Politique Agricole Commune (PAC) avant de statuer sur son budget. « Il est gravement erroné de croire, comme certains pays européens, que le budget de la PAC doit d’abord être réduit, et que le débat sur l’avenir de l’agriculture et les subventions ne commence qu’après » affirment-ils. « La direction à suivre est complètement différente : les objectifs politiques de la PAC doivent être décidés avant l’accord sur le budget » indique également le communiqué qu’ils ont fait paraître à la suite d’un forum à Venise sur « une nouvelle vision de la PAC, pour le développement durable, pour un monde qui change ». La Commission, qui prépare en effet le « bilan de santé » de la PAC, publiera le 20 novembre prochain une communication sur les orientations à donner à la politique agricole, cinq ans après la réforme de 2003, quatre ans après l’entrée de dix nouveaux Etats membres, et cinq ans avant une éventuelle nouvelle réforme en 2013. Et cette « évaluation à mi-parcours », qui s’inscrit dans un contexte agricole tendu avec des négociations à l’OMC en panne, des stocks au plus bas et des prix sur les marchés mondiaux au plus haut, s’insère également dans le cadre de la révision du budget global de l’UE. Daté du 27 octobre 2007, le communiqué des six ministres de l’Agriculture fait écho aux craintes exprimées par certains députés, lors de l’audition du Commissaire Européen à l’Agriculture Mariann Fisher Boel à l’assemblée nationale française, trois jours auparavant. Ceux-ci redoutent en effet que la Commission ne soit tentée de réformer la politique agricole européenne uniquement dans une perspective de réduction budgétaire. Des pistes de réflexion sur les « ajustements » que devraient opérer la Commission ont été avancées : révision du paiement unique vers une accentuation du découplage entre le niveau de production et les subventions et une uniformisation du système des paiements entre les pays de l’Union, imposition d’un plancher de surface d’exploitation pour être éligible aux subventions, abolition de la jachère obligatoire, et élimination des quotas laitiers « en douceur » d’ici 2015. Faisant fi du principe de préférence communautaire défendu par le président français Nicolas Sarkozy, Mariann Fisher Boel a également réitéré sa proposition de suspendre les droits de douane pour l’importation des céréales, pendant un an, afin de limiter la pression sur les prix. Des mesures relatives à la gestion de l’eau, les bioénergies et plus particulièrement la deuxième génération d’agrocarburants sont également attendues. Le MOMA s’associe à ces ministres agricoles européens et ces députés français, inquiets de voir leur politique agricole commune, pilier de la construction européenne, mise à mal et redéfinie selon des critères budgétaires en dehors de toute considération stratégique. |