Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

OMC : les responsables des organisations agricoles européennes et japonaises interpellent citoyens et décideurs sur les risques d’un éventuel accord commercial

14 avril 2008

Les responsables des organisations agricoles de l’Union Européenne (COPA-COGECA) et du Japon (JA ZENCHU) ont conjointement mis en évidence les risques économiques et de sécurité d’approvisionnement d’un accord final à l’OMC lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Bruxelles le 10 avril dernier.

Déplorant tout d’abord « que les consommateurs ne se rendent pas compte de ce qui se joue à l’OMC », Jean-Michel Lemétayer, Président du COPA, a insisté sur les risques d’accentuation des déséquilibres mondiaux en matière d’approvisionnement alimentaire que pourrait faire peser la conclusion d’un éventuel accord.

Selon lui, « nous nous dirigeons à l’OMC vers un accord commercial qui entraînera de sérieuses réductions de la production agricole de l’UE. L’UE est déjà le plus grand importateur mondial pour ce qui est de ses besoins alimentaires. Nous deviendrons toutefois encore plus dépendants des importations pour une série de denrées alimentaires de base telles que la viande bovine, la viande de volaille, la viande porcine, le beurre, le sucre, les fruits et légumes et les œufs ».

Des inquiétudes partagées par les dirigeants agricoles japonais qui rappellent que le taux d’autosuffisance alimentaire de leur pays a chuté à 39%.

De plus, Paolo Bruni, Vice-président de la COGECA, a insisté sur la menace que représenterait un tel accord pour les agricultures des pays en développement qui « devront en effet faire face à une concurrence croissante de la part des grandes exploitations et des opérateurs multinationaux de pays tels que le Brésil et les Etats-Unis ».

Par ailleurs, la libéralisation totale des marchés agricoles telle qu’elle est envisagée par l’OMC a toutes les chances de s’accompagner d’une explosion des risques économiques auxquels font face les acteurs du marché, qu’il s’agisse des producteurs, des spéculateurs et des Etats.

Comme le soulignent les responsables de ces deux organisations agricoles qui constatent une volatilité plus forte des prix des produits agricoles, « un accord commercial à l’OMC ne fera que nous exposer d’avantage à cette volatilité des prix » qui risque par ailleurs de s’accentuer sous l’effet du changement climatique.

En outre, ces risques économiques vont s’ajouter aux risques auxquels sont déjà soumis les consommateurs, affectant ainsi un peu plus la sécurité alimentaire de la plupart des Etats du monde. Il est donc primordial d’éviter un effet « boule de neige » des risques internationaux qui serait induit par la signature d’un accord cosmétique à l’OMC et de replacer l’agriculture et ses grands enjeux (environnement, développement, croissance et sécurité) au cœur des négociations internationales.


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Paris, le mardi 25 novembre 2014