Après avoir déclaré fin avril 2011 que « les négociations [du cycle de Doha] se trouvaient dans des « sables mouvants », Pascal Lamy avait proposé de concentrer le travail sur un ensemble plus restreint de questions axées sur le développement dans l’objectif d’aboutir à un mini-accord lors d’une conférence ministérielle en décembre 2011.
En effet, de sources quasi officielles, « il était hautement improbable que les membres parviennent à un consensus » d’ici la fin de l’année, sur des sujets tels l’accès aux marchés, dans le secteur de l’agriculture, de l’AMNA et des services. D’où l’orientation vers des sujets plus consensuels telle la facilitation des échanges pour les PMA.
Pourtant, dans les couloirs de l’OMC, les paris d’un succès lors de la Ministérielle de Décembre ne seraient pas très élevés, à peine 25 contre 75. Et, Pascal Lamy dans une récente interview donnée au journal allemand Handelsblatt, reconnaissait que l’OMC avait « d’énormes problèmes pour accoucher rien que de ce petit bébé ».
D’un mini accord, nous en serions aujourd’hui à la recherche d’un ensemble symbolique qui permettrait de sauver le cycle devenu de plus en plus compliqué.
Face à ce blocage avéré des négociations, des paradoxes devraient nous interpeller :
- le commerce mondial continue de progresser (+13,5% en 2010),
- les mesures de protectionnisme tant redoutées sur les importations après la crise de 2008 ne se sont pas produites, en revanche, plusieurs pays ont décrété un embargo sur les exportations agricoles (Russie, Argentine et Ukraine par exemple).
Cela confirme que les marchés agricoles, sécurité alimentaire oblige, sont spécifiques.
S’il n’est pas question de remettre en cause le commerce international, il est temps de reconnaître que « le commerce ne débouche pas nécessairement sur le développement ». Le cycle de Doha, dit « du développement », n’atteindra pas cet objectif pour les productions agricoles sur les bases actuelles, mais sur des bases nouvelles et adaptées aux défis du XXIème siècle.
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