Le nuage de cendres qui a plané au-dessus de l’Europe depuis l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull ne concerne pas que les vacanciers bloqués dans les aéroports. Alors qu’une nouvelle éruption mardi 20 avril a annulé un temps le déblocage des aéroports britanniques, plusieurs journaux anglophones pointent du doigt les risques que cela fait peser en termes d’approvisionnement alimentaire. Les premières denrées concernées étant les fruits et légumes, qui sont importées dans les îles britanniques depuis les pays du Commonwealth principalement, et notamment depuis le Kenya. Vendredi 16 avril, au premier jour du blocage général des aéroports européens, ce sont ainsi 60 tonnes de fruits et légumes qui n’ont pas été acheminés.
Certes, il est dans cette situation excessif de parler de pénurie, puisque le blocage n’aura duré que quelques jours. Cependant, comme le souligne Terry Jones, le directeur de la communication du principal syndicat agricole britannique National Farmers Union (NFU), ces perturbations ont le mérite de soulever la question de la sécurité alimentaire, en démontrant « combien les échanges agricoles internationaux peuvent être vulnérables face à des conditions climatiques extrêmes. » Une raison suffisante selon lui pour préserver du mieux possible un secteur agricole national robuste et compétitif.
L’éruption volcanique du volcan islandais, qui a bloqué des milliers de personnes aux quatre coins du monde, a en effet le mérite de rappeler qu’il reste encore aujourd’hui un certain nombre d’événements imprévisibles qui peuvent à tout moment couper les voies d’approvisionnement ; dans ce contexte, reposer sur un secteur agricole solide est un atout primordial, hier comme aujourd’hui, pour garantir la sécurité alimentaire d’une population, et il serait inconséquent de ne pas s’efforcer de le préserver par des politiques adéquates.
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